03/12/2009 à 11h:52 Par Frida Dahmani, à Tunis
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
La clinique totalise un investissement de 40 millions de dinars tunisiens La clinique totalise un investissement de 40 millions de dinars tunisiens © Abassi

Prévue pour mars 2010, à Tunis, l’ouverture de la clinique internationale Hannibal confirme la volonté du pays de se positionner sur le traitement des pathologies lourdes auprès d’une clientèle aisée et internationale.

L’investissement dans les cliniques privées jouit d’une forme étincelante en Tunisie. En vingt ans, le nombre d’établissements de soins à capitaux privés s’est en effet envolé, passant de 21 à 117 cliniques dans le pays. Et ce n’est pas fini.

C’est dans cet environnement très favorable que se situe le projet de la clinique internationale Hanni­bal, à Tunis. L’établissement de santé, dont l’ouverture est programmée pour le mois de mars 2010, affiche un capital de 25 millions de dinars tunisiens (DT, plus de 13 millions d’euros) pour un investissement total de 40 millions de DT.

Les 65 % de fonds propres ont été apportés par un pool d’investisseurs. L’actionnariat comprend ainsi la société de capital investissement Tuninvest (28,4 % du capital). Une association de soixante-quinze médecins tunisiens, dont la clientèle particulière est composée de plus d’un tiers d’étrangers, en possède 34,2 %. Et les 37,4 % restants appartiennent à une poignée d’investisseurs, dont le laboratoire Medis, qui est le deuxième fabricant tunisien de médicaments et le promoteur immobilier du projet Mohamed Zaguia.

Les initiateurs de la clinique internationale Hannibal ont par ailleurs trouvé des financements (emprunts sur vingt ans…) auprès de Proparco, la filiale de l’Agence française de développement (AFD), qui a estimé, en 2006, à environ 4 % la part du médical dans les exportations tunisiennes de services. Le tour de table financier réunit aussi l’International Finance Corporation (Banque mondiale) et Amen Bank, qui est par ailleurs partie prenante dans diverses autres cliniques dans le pays.

Pour se démarquer de la très forte concurrence entre les cliniques privées tunisiennes, les promoteurs du projet assurent en substance que leur établissement répondra à toutes les normes et les certifications européennes et anglo-saxonnes de qualité et de sécurité en vigueur dans la santé afin de hisser l’établissement parmi les plus innovants du continent. Le tout en garantissant des prestations à des prix raisonnables, assure le professeur Ghazi Jerbi, agrégé en chirurgie carcinologique, en charge de la direction médicale du projet.

Faisant une large place à l’oncologie, depuis le dépistage jusqu’aux soins palliatifs, le projet intègre également un département cardiovasculaire, un service de traumatologie orthopédique, un service de gynécologie et un centre de procréation médicalement assistée. Cet établissement de 180 lits sera par ailleurs implanté dans un immeuble intelligent : les informations concernant les malades seront gérées en temps réel. Dans leur business plan, les actionnaires évaluent le chiffre d’affaires annuel prévisionnel moyen à 15 millions de DT pour les trois premiers exercices. Et ils visent, par la suite, les 25 millions de DT.

La future clinique est le fruit d’une politique d’incitation à l’essor du privé, réponse à l’engorgement du secteur de la santé publique initiée dans les années 1990. Dans ce but, le XIe Plan de développement (2007-2011) a encore alloué 212 millions de DT à l’investissement sanitaire privé. 

Se différencier du Maroc

À l’extérieur du pays, la clinique internationale Hannibal devra attester le virage qualitatif amorcé par la Tunisie dans la planète santé et lui permettre de marquer des points, notamment à l’égard de l’un de ses concurrents les plus aguerris : le Maroc. Le pays du Jasmin ne manque pas une occasion de rappeler qu’il tient largement la comparaison avec le royaume chérifien, qui ne compte que 140 cliniques privées pour plus de 30 millions d’habitants.

Comme le Maroc, la Tunisie est reconnue en Europe pour ses prestations en chirurgie esthétique et en actes ambulatoires. Elle cherche aujourd’hui à étendre sa clientèle et à conquérir des patients africains pour le traitement de pathologies lourdes et coûteuses. Et, bien entendu, les plus rémunératrices. Pour ces traitements, la dépense moyenne par patient dépasse souvent la dizaine de milliers de dinars, contre 2 000 à 3 000 en moyenne pour la chirurgie esthétique. Les autorités ont pour objectif, si la greffe prend, de faire de la filière de la santé une activité aussi porteuse pour le pays que le tourisme.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Tunisie

Tunisie : Ennahdha et le fou de Dieu

Tunisie : Ennahdha et le fou de Dieu

Ennahdha se veut un parti islamiste "modéré". Mais il a du mal à cacher en son sein une aile radicale de plus en plus véhémente.[...]

Tunisie : le groupe Loukil met l'accent sur l'international

Présent dans treize pays africains et en France, le groupe tunisien Loukil compte sur l'étranger pour se développer. Une suite logique pour cette société que l'étroitesse du marché[...]

CAN 2012 - Quarts de finale : affrontez nos pronostics !

Le premier tour de la CAN 2012 a apporté son lot de surprises. Si des équipes comme la Côte d’Ivoire et le Ghana ont tenu leur rang et font toujours figure de favoris, d’autres ont fait leurs[...]

Tunisie : la promesse des fleurs

A Paris, l'Institut du monde arabe ouvre ses portes aux artistes tunisiens, un an après le début du Printemps arabe. Intitulée « Dégagements », l'exposition reste très liée[...]

Ajmi Lourimi : en Tunisie, "on ne peut pas tout régler d'un coup de baguette magique"

Membre du bureau exécutif du parti politique tunisien Ennahdha, Ajmi Lourimi table sur une croissance de 4,5 % en 2012-2013.[...]

Tunisie : Ettadhamen, un quartier populaire à bout de patience

Il y a un an, Ettadhamen, un quartier populaire de la capitale tunisienne, payait un lourd tribut humain et matériel à la révolution. Aujourd'hui, ses habitants se sentent abandonnés, voire[...]

Tunisie : report du procès en appel contre Ben Ali dans une affaire de torture

En Tunisie, le procès en appel pour torture intenté contre Ben Ali a été reporté au 28 février devant le tribunal militaire de Tunis.[...]

CAN 2012 : tous les résultats des groupes A, B, C et D

Les favoris de la CAN 2012 sont connus... Mais en l'absence d'équipes phares comme l'Algérie, le Cameroun ou l'Égypte, le premier tour risque de réserver beaucoup de surprises. Les groupes A, B, C et D[...]

CAN 2012 : le calendrier des matchs, les groupes et les équipes

Du coup d'envoi en Guinée Équatoriale, le 21 janvier, à la finale au Gabon, le 12 février, la 28e Coupe d'Afrique des Nations (CAN 2012) promet un jeu plus ouvert que jamais. Voici le calendrier des[...]

Tunisie : Christine Lagarde apporte le soutien du FMI à la "transition démocratique"

Christine Lagarde, la directrice du Fonds monétaire international (FMI), s'est rendue en Tunisie pour 48 heures ce mercredi 1er février. L'occasion d'assurer au pays, qui traverse actuellement une grave crise[...]

Voir tous les dossiers