27/11/2009 à 12h:44 Par Rémi Carayol
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À la veille des législatives, l’opposant Saïd Larifou a été arrêté pour avoir qualifié le régime de « mécréant ».

Qualifier de « mécréant » le régime de celui qui se fait surnommer « l’Ayatollah », Ahmed Abdallah Sambi, peut paraître paradoxal. C’est surtout hardi. Le chef du Rassemblement pour l’initiative et le développement de la jeunesse avertie, Saïd Larifou, l’un des principaux opposants au président de l’Union des Comores, l’a constaté à ses dépens.

Le 17 novembre, cet avocat a été placé en garde à vue et, selon lui, « brutalisé ». Il a été entendu le lendemain par le parquet, puis libéré, alors qu’une foule de ses partisans s’était massée devant le tribunal. Accusé d’« offense au chef de l’État », il sera jugé le 24 décembre. Le procureur Azad Mze lui reproche d’avoir qualifié Sambi de « mécréant » et de « kafir » lors d’un meeting de l’opposition, le 15 novembre, dans le sud de la Grande Comore.

L’avocat de Larifou, Me Mzimba, veut y voir une « arrestation politique » : « Si on ne peut plus critiquer Sambi dans un meeting… » Selon le procureur, il s’agit au contraire d’une procédure normale, quoique le délit soit « assez rare ».

La campagne électorale, officiellement ouverte le 14 novembre, ne pouvait pas plus mal débuter. Nombreux sont ceux qui craignent des incidents, alors que l’opposition évoque d’ores et déjà « la volonté du pouvoir de tricher ». L’enjeu de ces législatives, qui doivent se dérouler les 6 et 20 décembre, dépasse la seule élection des 24 députés. Pour Larifou, il s’agit, avec l’élection présidentielle programmée en mai 2010, « d’une seule et même campagne ». Sambi, qui ne peut pas se représenter l’année prochaine, est soupçonné de vouloir prolonger son mandat en cas de victoire aux législatives. Cela pourrait causer une nouvelle crise séparatiste, la prochaine présidence devant revenir, selon la Constitution, à un Mohélien.

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