26/11/2009 à 14h:29 Par Pierre-François Naudé
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L'ex-star du football français, en 2008 L'ex-star du football français, en 2008 © Thomas Samson/AFP

Basile Boli en garde à vue. L’ex-star du foot d’origine ivoirienne, idole de millions d’Africains et détenteur de 45 sélections en équipe de France, derrière des barreaux ? La pilule a du mal à passer pour l’homme qui offrit à l’Olympique de Marseille – d’un somptueux coup de tête, à la 44e minute – la seule victoire d’un club français à la prestigieuse Coupe d’Europe des clubs champions, un soir de mai 1993, contre le Milan AC.

Entendu pendant près de quarante-huit heures, à Paris, par la Brigade de répression de la délinquance économique de la police judiciaire, Boli est soupçonné d’abus de confiance et de recel d’abus de confiance dans le cadre d’une enquête préliminaire menée par le parquet de Nanterre depuis février.

À sa sortie de garde à vue, au terme de laquelle il n’a pas été mis en examen, il a fait savoir par un communiqué qu’il s’estimait « injustement soupçonné ». « Je tiens à rappeler mon attachement et mon dévouement au continent africain », a-t-il ajouté.

L’affaire remonte au mois de septembre 2007, quand l’Agence nationale de l’accueil des étrangers et des migrants (Anaem), rebaptisée depuis Office français de l’immigration et de l’intégration (Ofii), passe une convention de partenariat avec l’association Entreprendre et réussir en Afrique (ERA), présidée par Basile Boli. Objectif : favoriser l’aide au retour volontaire d’immigrés africains par une campagne d’information et un programme d’accompagnement pour lesquels l’ERA reçoit 600 000 euros. Mais cette convention, signée pour trois ans, est dénoncée par l’administration française à l’été 2008.

Selon cette dernière, le travail de l’ERA n’aurait pas répondu aux objectifs fixés. Par ailleurs, des salaires et des frais de déplacement auraient été jugés démesurés par le commissaire aux comptes de l’association, qui a alerté la justice.

Au-delà de la présomption d’innocence qui est due à Basile Boli, secrétaire national de l’UMP (le parti présidentiel) en charge du codéveloppement depuis octobre 2007, l’affaire est embarrassante pour Nicolas Sarkozy, qui a élevé l’ex-footballeur au rang de Chevalier de la Légion d’honneur en janvier 2008. Et plus encore pour Claude Guéant : le secrétaire général de l’Élysée n’est-il pas le « mentor » de Boli en politique ?

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