Egypt Air ou Royal Air Maroc (RAM) ont été en première ligne, ces dernières années, face aux stratégies de recrutement des compagnies du Moyen-Orient. Pour une raison simple : on y trouve un personnel qualifié, parlant arabe, et donc directement opérationnel… Les exemples, selon un observateur vigilant du ciel africain, foisonnent : des hôtesses d’Egypt Air passées avec armes et bagages dans les appareils des compagnies du golfe Arabo-Persique, un ancien président cairote devenu instructeur dans un centre du Moyen-Orient, mais aussi le conseiller juridique d’Ethiopian Airlines recruté comme juriste dans le Golfe… Une situation qui, selon certaines analyses, aurait d’ailleurs contribué à envenimer des conflits sociaux récents. Privée de nombre de ses salariés, Royal Air Maroc aurait ainsi dû recourir à des recrutements de personnel étranger, nourrissant en retour la revendication de la « marocanisation des cockpits » qui a, cet automne encore, défrayé la chronique ! Conséquence positive de l’affaire : un accord signé le 5 octobre dernier entre la direction de Royal Air Maroc et les représentants des pilotes de ligne s’attache désormais à améliorer les conditions de travail du personnel navigant, dans un climat « apaisé et responsable »…
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Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]