17/11/2009 à 17h:03 Par Propos recueillis par Frédéric Maury
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Marc Rennard est le directeur exécutif international Afrique, Moyen-Orient et Asie d'Orange Marc Rennard est le directeur exécutif international Afrique, Moyen-Orient et Asie d'Orange © ORANGE

Le patron d’Orange Afrique liste les enjeux du marché au moment où Africacom, le rendez-vous de la profession, vient de s’achever au Cap.

Jeune Afrique : Après une impression de désintérêt pour le marché africain, que vous inspire la percée des groupes indiens, qui suit celle des opérateurs arabes ?

Marc Rennard : Je ne partage pas cette analyse. Il y a plusieurs années que le continent suscite un intérêt. Parmi les principaux groupes qui s’y sont développés figurent Zain, MTN, Orange ou Etisalat. La croissance est en revanche moins vive aujourd’hui et certains cherchent des alliances, comme MTN ou Zain, qui ont annoncé discuter avec des groupes indiens. Pour l’instant, rien n’est fait. Si les Indiens arrivent en Afrique, ils bénéficieront de leur bonne connaissance des clients « low cost », mais le continent rassemble des marchés différents et il ne peut être comparé à l’immense marché indien.

Vous impliquerez-vous dans cette reconfiguration capitalistique ?

Pour France Télécom, l’heure n’est pas aux grandes acquisitions. Par ailleurs, nous ne sommes pas intéressés par la totalité des actifs de Zain, mais nous sommes prêts à discuter si une vente par appartements a lieu.

En avril dernier, vous avez fait face à une fronde des salariés de la Sonatel, alors que l’État sénégalais envisageait de vous céder la majorité du capital. Où en êtes-vous ?

Pour plusieurs raisons, l’opération a été mise entre parenthèses par l’État sénégalais, avec qui nous avons une très bonne entente. Les salariés, eux, sont présents au capital et doivent être impliqués toujours davantage. Pour que la vente ait lieu, il faudra créer un consensus.

Où sont les grands gisements de croissance inexploités ?

Il y a deux types de croissance : interne et externe. Côté interne, nous n’atteignons pas dans tous les pays des taux de pénétration de 50 % ou 60 %, seuil que l’on doit pouvoir atteindre. Ensuite, il y a eu beaucoup d’investissements pour favoriser le développement de l’Internet mobile. Je pense notamment au câble sous-marin qui désenclave Madagascar, à celui qui relie le Kenya et à celui, à réaliser, en Afrique de l’Ouest. Ensuite, il y a la croissance externe. Mais là, il n’y a presque plus aucun pays qui ne soit ouvert. Le seul auquel tout le monde pense est l’Éthiopie. Nous regardons également la RD Congo.

Et le Nigeria ?

Le marché est saturé en termes d’opérateurs mais pas de pénétration. Nous n’y avons aucun projet en cours, cependant le Nigeria restera toujours l’objet de notre attention. Il y a plus d’habitants dans le pays que dans n’importe quel autre en Afrique.

Vous avez décroché la 3e licence en Tunisie. Quels sont vos projets ?

Nous sommes le partenaire minoritaire d’un consortium avec Divona Telecom. Sous la marque Orange, nous serons, à partir du premier trimestre 2010, un opérateur mobile-fixe-Internet utilisant directement la 3G. Fidèles à notre stratégie, qui n’attaque que rarement les marchés par les prix, nous visons une montée en gamme avec des offres mêlant téléphonie fixe, mobile et Internet haut débit. Puis nous verrons comment réagit le marché.

Que pensez-vous des États qui accordent des licences à tout-va ?

C’est complètement déraisonnable. Empocher le prix d’une licence est une chose. Avoir des opérateurs qui participent au développement économique en investissant dans les infrastructures en zone rurale en est une autre. Mais quand il y a beaucoup de licences, les opérateurs se concentrent dans les villes, le segment le plus rentable. Trois, voire quatre opérateurs dans certains grands pays, d’accord. Mais cinq ou plus dans un petit pays ce n’est pas rationnel. Cependant, je n’ai pas de doute qu’un phénomène de concentration aura lieu. 

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