25/11/2009 à 11h:01 Par Nicolas Marmié
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Premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement autour du président Michel Sleimane Premier Conseil des ministres du nouveau gouvernement autour du président Michel Sleimane © EPA

Toute la mosaïque confessionnelle du pays est représentée dans l’équipe de trente ministres désignée le 9 novembre, après plus de quatre mois de tractations.

« Enfin, le gouvernement d’entente nationale est né ! » Soulagé après cent trente-cinq jours de négociations, de blocages et de rebondissements, le Premier ministre Saad Hariri peut prendre la tête de l’exécutif. Il était temps. L’État libanais, dont la crédibilité a été mise à mal par ces tergiversations politiques et confessionnelles, doit maintenant rassurer des citoyens conscients des risques que faisait peser cette impasse sur la fragile paix civile.

Au final, c’est toute la mosaïque confessionnelle (sunnite, chiite, druze, orthodoxe, maronite) qui est représentée dans l’équipe de trente ministres désignée le 9 novembre. La nouvelle coalition gouvernementale est composée de quinze ministres issus de la majorité sortie des urnes après les élections législatives du 7 juin et emmenée par le fils de feu Rafic Hariri. L’opposition a récolté dix portefeuilles, dont deux pour le Hezbollah, tandis que le président de la République, Michel Sleimane, a désigné cinq ministres réputés pour leur relative neutralité confessionnelle. Parmi eux, le ministre de l’Intérieur sortant, Ziyad Baroud (maronite), qui a été reconduit dans ses fonctions après avoir réussi à maintenir le Liban sur les rails pendant la crise institutionnelle. Le Hezbollah, qui a pesé de toute son influence pendant les négociations, récupère les ministères de l’Agriculture et de la Réforme administrative. Le parti chiite, qui a été autorisé à ne pas désarmer sa milice, a également obtenu qu’aucun des trois blocs du gouvernement ne dispose d’un droit de veto.

« Nous devons prouver au monde entier que ce gouvernement reflète la véritable image de l’entente nationale », a commenté Saad Hariri. Un vrai test pour la cohésion du pays du Cèdre, alors que Washington et Riyad soutiennent la majorité parlementaire, et Damas et Téhéran l’opposition. Et que la tension monte à la frontière avec Israël après la saisie en mer, le 4 novembre, d’une importante cargaison d’armes à destination, selon Tel-Aviv, du Hezbollah. Même habillée d’un gouvernement d’union, la paix au Liban reste toujours fragile.

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