17/11/2009 à 12h:52 Par Père Michel Lelong
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article

Dans le discours qu’il fit au Caire, le 4 juin 2009, pour dire sa volonté de rétablir des relations confiantes entre les États-Unis et le monde musulman, Barack Obama tint à citer le Coran. Il connaît donc sans doute ces versets de la sourate 61 : « Ô vous, les croyants, pourquoi dites-vous et ne faites-vous pas ? Dire ce que vous ne faites pas est grandement haïssable devant Dieu. » Tout le monde avait salué les propos tenus par le président des États-Unis, et tous ceux qui sont épris de justice attendaient de lui que, conformément à ses engagements, il fasse en sorte que son pays devienne, enfin, un arbitre objectif entre Israël et l’Autorité palestinienne. Or voici qu’aujourd’hui tous ceux qui comptaient sur Obama pour que soit trouvée une solution équitable à ce problème majeur sont profondément déçus, car, une fois encore, les États-Unis semblent vouloir soutenir la politique menée par Israël plutôt que de respecter le droit international.

En réalité, nous sommes arrivés à un tournant décisif : si Obama ne se contente pas de belles paroles et décide de faire ce qu’il dit, alors la justice et la paix reviendront au Moyen-Orient. Mais si, une fois encore, cédant aux exigences de Tel-Aviv, Washington n’a pas l’intelligence et le courage de respecter et de faire respecter les résolutions de l’ONU sur la Palestine et le statut de Jérusalem, alors nous allons vers de nouveaux drames. Car l’Histoire nous apprend que les peuples ne supportent pas indéfiniment l’injustice. Et le monde arabo-musulman n’acceptera pas ad vitam aeternam la politique occidentale du « deux poids, deux mesures ».

Grande est donc, aujourd’hui, la responsabilité d’Obama. Mais grande aussi est celle de tous les États qui s’en sont remis un peu trop au seul président des États-Unis.

 

Les pays arabes pourraient et devraient mener une action plus efficace. Leur potentiel économique, leurs élites, leurs opinions publiques leur donnent la possibilité d’influencer la politique internationale beaucoup plus qu’ils ne l’ont fait jusqu’ici. Quant au peuple palestinien, si éprouvé, si courageux dans sa résistance, il est en droit d’attendre de tous ses dirigeants qu’ils unissent leurs efforts au lieu de s’opposer, car leurs désaccords font le jeu de leurs adversaires.

L’Union européenne porte ici une lourde responsabilité. Elle aurait pu et dû agir en Terre Sainte, conformément à ses principes relatifs aux droits de l’homme et au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Elle s’est contentée de déclarations, souvent objectives, mais jamais suivies d’effets. Parmi les pays européens, la France est un de ceux qui sont les plus attentifs au conflit israélo-palestinien. Mais Sarkozy n’est pas De Gaulle. Et Kouchner n’est pas Védrine ou Charette.

Enfin, comme l’a dit Benoît XVI lors de son voyage en Terre Sainte, en mai 2009, les principaux responsables des Églises chrétiennes, du judaïsme et de l’islam doivent se rappeler que Dieu n’entend pas la prière de ceux qui commettent ou laissent commettre l’injustice. En ce début du XXIe siècle où l’on parle tant de dialogues interreligieux, ce dialogue n’est, me semble-t-il, ni sérieux ni honnête si les croyants se contentent de bons sentiments, alors qu’ils devraient, ensemble et avec tous les autres, « chercher la justice » pour tous et partout, y compris, bien sûr, sur la terre où naquit Jésus.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

AUTRES

Leïla Kilani : 'Au Maroc, les réactions à 'Sur la planche' sont passionnelles'

Leïla Kilani : "Au Maroc, les réactions à 'Sur la planche' sont passionnelles"

Après deux documentaires remarqués, la réalisatrice marocaine Leïla Kilani se lance dans la fiction. Film coup-de-poing, "Sur la planche" explore la part d'ombre de Tanger et raconte le[...]

Kenya : Equity Bank gagne son pari

Alors que les établissements du continent peinent à conquérir les foules, le Kényan Equity Bank a développé un modèle original, proche de la microfinance. Résultat : 6,7 mill[...]

Tunisie : pour SFBT, le succès coule de source

Ultradominatrice dans le secteur des boissons, la Société frigorifique et brasserie de Tunis (SFBT) enregistre des résultats records. Une valeur à suivre sur la place de Tunis.[...]

Syrie : pourquoi Bachar Al-Assad résiste encore

Malgré l'intensification de l'insurrection armée et des pressions internationales, le président syrien, Bachar Al-Assad, plie, mais ne rompt pas. Son recours habile à plusieurs atouts maîtres n'y [...]

Sénégal : Wade, un "sage" en campagne

Au premier jour de la campagne électorale pour la présidentielle sénégalaise du 26 février prochain, Abdoulaye Wade a répondu aux critiques. En particulier à celles venant des diplo[...]

Assurances : Allianz Africa, un centenaire très actif

Présent sur le continent africain depuis 1912 à travers AGF, racheté en 2007, Allianz Africa ouvre une agence au Congo. Désormais, le groupe allemand vise l'Afrique du Nord et l'Afrique de l'Est.[...]

Sami Zerelli aux avant-postes pour Roche

La lutte contre le cancer est la priorité du groupe Roche, leader des traitements dans ce domaine. Un mot d'ordre que son directeur Afrique du Nord et Afrique de l'Ouest, Sami Zerelli, relaie avec énergie.[...]

France : qui a peur de François Bayrou ?

Depuis deux mois, le candidat à la présidentielle française François Bayrou fait une percée dans les sondages. Avec 14 % d'intentions de vote, le centriste commence à inquiéter le P[...]

Burkina Faso : qui peut succéder à Kaboré à la tête du CDP ?

Le parti du président burkinabè Blaise Compaoré, le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP),  tient ses assises au début de mars. Son actuel président, Roch Marc[...]

Algérie - Maroc : quand l'union pourrait faire la force

Les chiffres parlent d'eux-mêmes, l'absence d'échanges commerciaux entre le Maroc et l'Algérie pénalise les deux économies. Une réelle intégration permettrait de récupé[...]

Cen-Sad : approches marocaines

Végétative depuis la mort de Mouammar Kaddafi, la Communauté des États sahélo-sahariens (Cen-Sad) a peut-être trouvé son sauveur. Le Maroc pourrait redynamiser l'organisation.[...]

Syrie : les États-Unis ferment leur ambassade, les morts s'accumulent

Le département d’État américain a annoncé lundi avoir fermé son ambassade en Syrie et évacué tous ses fonctionnaires présents sur place. L’ambassade était [...]

Voir tous les dossiers