10/11/2009 à 11h:08 Par Jean-Michel Meyer
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Grâce au nouveau système d’exploitation lancé le 22 octobre, le numéro un mondial du logiciel espère restaurer son image et contrer ses concurrents.

Faire oublier la catastrophe commerciale de Vista. Lancé il y a moins de deux ans, ce système d’exploitation de Microsoft n’a jamais supplanté son prédécesseur, XP, qui équipe encore 80 % des PC. Le géant américain du logiciel compte relever ce défi avec Windows 7, lancé le 22 octobre. Prudent, le premier éditeur mondial de logiciels opère une rupture dans la continuité puisque le dernier-né de ses systèmes d’exploitation s’appuie sur la base technique et le même niveau de sécurisation que Vista. En revanche, il se veut simple d’utilisation, plus rapide et efficace. « Windows 7, c’est Vista corrigé », a jugé le New York Times. Avec lui, un PC s’allume en quarante secondes, contre une poignée de minutes avec Vista. Et il lui en faut moins d’une dizaine pour arrêter le système. Toutefois, c’est la barre de tâches, repensée et bourrée d’astuces, qui est l’une des principales nouveautés. Toutes les fenêtres ouvertes sont par exemple regroupées dans l’icône du programme correspondant (à l’image du dock d’Apple). Autre « innovation » : la Jump List. D’un simple clic droit sur l’icône d’un programme, l’utilisateur visualise tous les fichiers ou les sites visités. À la différence de Vista, Windows 7 est compatible avec tous les périphériques (imprimantes, disques durs externes, clés USB…) et permet de créer très facilement un réseau (connexion wifi…). Enfin, le système d’exploitation intègre la navigation tactile.

Plus performant et moins gourmand, il peut donc, contrairement à son prédécesseur, être installé sur de vieux ordinateurs de 2 ou 3 ans. Ce qui est un atout et une bonne nouvelle pour le marché africain où les particuliers, les administrations, les PME et parfois même les groupes privés n’utilisent pas en masse les toutes dernières générations de PC. Par rapport à Vista, Windows 7 requiert en effet deux fois moins de mémoire vive (1,9 Go), a besoin de moins de place sur le disque dur et se contente de processeurs moins puissants. Grâce à une édition baptisée Starter, il peut même équiper les netbooks, qui tournent souvent sur le volumineux et robuste XP.

 

De 30 à 350 dollars

Il en coûtera à partir de 120 dollars pour les mises à jour de Windows XP ou de Vista et jusqu’à 350 dollars pour une version de Windows 7 sur un PC neuf. Les étudiants bénéficient d’une version à 30 dollars, mais elle est responsable du seul bug répertorié jusque-là et qui fait redémarrer l’ordinateur en boucle.

Mais si Windows 7 a été bien accueilli, rien n’est gagné pour la firme dont les logiciels équipent neuf ordinateurs sur dix. La famille des produits Windows, lancée en 1985, représente le quart de son chiffre d’affaires et la moitié de son résultat opérationnel. Avec son petit dernier, le groupe veut restaurer son image de qualité écornée par Vista et redorer ses comptes. Pour la première fois de son histoire, la société a connu un recul de son chiffre d’affaires en 2009. Microsoft table sur 177 millions d’exemplaires vendus d’ici à la fin de 2010. Le cabinet de consultants américain Collins Stewart a chiffré à 32 milliards de dollars les recettes que Microsoft pourrait tirer de Windows 7 dans les dix-huit premiers mois de son exploitation. Pour les spécialistes, il aura supplanté Vista en 2012.

Mais supporté par la plus vaste opération marketing montée par la firme, le logiciel d’exploitation doit aussi étouffer la concurrence. Avec Windows 7, Microsoft veut contrer Google qui s’apprête à lancer au second semestre 2010 Chrome OS, son propre système d’exploitation, ainsi que Snow Leopard, le nouveau système d’Apple, lancé en août dernier et qui s’est vendu, selon le groupe de Steve Jobs, deux fois plus que le précédent sur les cinq premières semaines. 

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