Gabon - Politique
président(203) - Ali Ben Bongo(87) - succession(39) - famille(19)
17/11/2009 11:23:16 | Jeune Afrique | Par : Georges Dougueli

Gérer la famille

Pour avoir repris le flambeau politique de son père à la suite de l’élection du 30 août dernier, le premier des fils d’Omar Bongo s’impose de facto comme le chef de la tentaculaire famille Bongo. Jusqu’à présent, ce n’était pas le cas. Comme les autres membres de la nombreuse fratrie, l’ancien ministre de la Défense rongeait son frein à l’ombre de Pascaline, sa sœur aînée, gardienne de la fortune familiale, vice-présidente de Total-Gabon, administratrice de BGFI Bank, présidente de Gabon Mining Logistics notamment, mais aussi incontournable collaboratrice du père en sa qualité de directrice de cabinet.

Héritier du fauteuil présidentiel, « Ali résistera-t-il à la tentation d’en imposer à une sœur dominatrice ? grince un opposant. Pour préserver l’unité de la famille, poursuit-il, il devra accepter la prééminence de sa sœur dans la gestion du patrimoine. » Pour certains, la discrétion de l’aînée de la famille pendant la campagne électorale était le signe d’une brouille. La chaîne généraliste panafricaine, 3A Telesud, contrôlée par la « grande sœur », n’a d’ailleurs pas déployé de dispositif exceptionnel pour soutenir le candidat Ali. De l’histoire ancienne ? Selon un familier du clan Bongo, « les rumeurs de brouille étaient très exagérées et, aujourd’hui, ils travaillent main dans la main et ont les mêmes intérêts ».

Autre hypothèque sur l’unité du clan, le président et son cadet : Christian Bongo, directeur général de la Banque gabonaise de développement (BGD). Les deux frères ont croisé le fer pour le contrôle de la compagnie aérienne Gabon Airlines. Finalement, Christian avait dû céder la direction de la compagnie à André Giacomoni, un homme d’affaires corse proche d’Ali.

Reste l’inconnue, l’oncle Idriss Ngari. Tenté par la course à la présidence, il a flirté un moment avec l’alliance constituée autour de Pierre Mamboundou, avant de se retirer. Désormais libre de toute fonction politique et administrative, le général va-t-il enfin prendre une retraite bien méritée à Ngouoni ?

Quoi qu’il en soit, et malgré les vicissitudes de cette chronique familiale, Ali Bongo Ondimba dispose à présent d’une légitimité et donc d’une force que les autres n’ont pas : l’onction du suffrage universel.

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