Seul candidat de gauche à la présidentielle, Ahmed Brahim, 68 ans, premier secrétaire du mouvement Ettajdid (« Le Renouveau », ex-Parti communiste), se décrit lui-même comme un « opposant clair, ferme et audacieux, mais en même temps un opposant responsable et posé », ce qui explique qu’il n’a cessé de souffler le chaud et le froid à l’égard du pouvoir à la veille du scrutin du 25 octobre. Militant communiste depuis les années 1960 au Quartier latin, à Paris, ce professeur de linguistique comparée a accompagné le mouvement à toutes les étapes de son évolution. Il a ainsi été en 1993 l’un des principaux initiateurs du changement de nom de l’ex-PCT, après avoir été, pendant une dizaine d’années, directeur de la rédaction de l’hebdomadaire du parti Attariq al-Jadid.
Poursuivant sur sa lancée, il participe à l’Initiative démocratique, une coalition informelle encore plus large pour soutenir la candidature unitaire de Mohamed Ali Halouani à la présidentielle de 2004, qui recueille un peu moins de 1 % des suffrages. Porté à la direction d’Ettajdid en 2007 après avoir rassemblé les cadres de l’ex-PCT, des personnalités progressistes et des indépendants, Brahim s’allie par la suite avec deux mouvements en quête de légalisation, le Parti socialiste de gauche et le Parti du travail patriotique et progressiste, ce dernier étant représenté par Abderrazek Hammami, qui soutiendra la candidature de Brahim à la présidentielle de 2009.
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Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]