13/10/2009 à 14h:39 Par Pascal Airault, envoyé spécial
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Ne pas rouvrir la boîte de Pandore. Tel a été, en substance, le message martelé par Guillaume Soro, le Premier ministre ivoirien, aux responsables des partis politiques qu’il a reçus au palais présidentiel, le 7 octobre, pour leur présenter la liste électorale provisoire qui sera bientôt affichée dans les centres de vote.

Cette liste, issue du croisement des données de l’enrôlement (achevé cet été) avec le fichier du scrutin de 2000 et avec les registres de l’administration, recense 6,38 millions de votants potentiels. Mais si 3,6 millions d’entre eux sont unanimement reconnus comme étant ivoiriens, quelque 2,7 millions (dont 70 % âgés de 18 à 27 ans) font l’objet de divergences d’appréciation.

De qui s’agit-il ? D’une génération qui n’a pas eu affaire à l’administration ? De personnes naturalisées ou devenues ivoiriennes par le mariage ? De fraudeurs ? Pour le Front populaire ivoirien (FPI, parti de Laurent Gbagbo), leur nationalité est « suspecte ». Alassane Dramane Ouattara, le président du Rassemblement des républicains (RDR), considère quant à lui que « nul ne doit être exclu ».

La question identitaire revient donc sur le devant de la scène. Pour désamorcer cette « bombe », la primature propose d’organiser une session de rattrapage informatique lors de laquelle la Sagem, la société française qui a parfaitement mené le travail technique de l’identification, effectuera de nouveaux recoupements de données visant à retrouver l’ascendance des personnes inconnues de l’administration. « On pourra peut-être requalifier directement 500 000 votants. Les cas restants devront justifier de leur nationalité en présentant devant des commissions statutaires un extrait de naissance, un certificat de mariage, ou d’autres documents attestant qu’ils sont ivoiriens… », explique-t-on à la primature.

Cette étape cruciale doit permettre d’obtenir la liste définitive et de lancer, dans la foulée, la campagne électorale et la remise des cartes d’identité et des cartes d’électeur. Si les divergences de vues persistent, les représentants des trois grands partis (FPI, PDCI et RDR) devront trouver un compromis lors de la prochaine réunion du Cadre permanent de concertation de l’accord politique de Ouagadougou, à la fin du mois d’octobre. L’objectif est d’aller aux élections avec une liste « propre et consensuelle » et dans un climat apaisé, gages d’un scrutin transparent dont les résultats seront reconnus par tous.

Officiellement, le premier tour de l’élection présidentielle est toujours programmé pour le 29 novembre. Mais les autorités travaillent déjà à un report du scrutin au mois de décembre ou même à février 2010. La présentation du nouveau calendrier devrait être annoncée au dernier moment pour ne pas briser l’élan de toutes les parties impliquées dans le processus électoral…

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