29/09/2009 à 11h:57 Par Abdoulaye Bio-Tchané
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Président de la Banque ouest-africaine de développement, ancien directeur du Département Afrique du Fonds monétaire international.

La communauté internationale est en pleine négociation pour un nouveau traité sur le climat, qui devrait être signé à l’occasion de la 15e Conférence des parties à la Convention cadre des Nations unies sur les changements climatiques (CCNUCC) et de la 5e Rencontre des parties au protocole de Kyoto, prévues à Copenhague du 7 au 18 décembre 2009.

Ces rencontres traiteront de plusieurs thèmes articulés autour de quatre idées-forces : l’engagement des pays industrialisés à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES) ; la mise en place d’actions nationales visant à atténuer les risques liés au changement climatique dans les pays en développement ; la définition d’un financement stable et prévisible d’aide aux pays en développement pour la réduction de leurs émissions de GES ; et l’identification d’institutions relais pour les financements et les transferts de technologie.

Vu l’enjeu fondamental que ces négociations représentent pour l’humanité, nous devons tous partir du principe qu’un traité n’aura véritablement de sens que s’il est équilibré et juste pour toutes les parties, chacune contribuant selon ses moyens. La définition d’un nouveau traité sur le climat est une opportunité offerte aux institutions et aux États africains, ainsi qu’à la communauté internationale, pour construire un nouveau partenariat fondé sur une coopération plus ambitieuse que celle existante. Mais comme pour le cycle de Doha, l’absence d’un accord vaudra probablement mieux qu’un mauvais accord.

Le nouveau partenariat qu’attendent les pays africains.

Les pays africains parties à la Convention cadre et au protocole de Kyoto disposent pour la plupart de programmes d’adaptation au changement climatique et d’atténuation des effets de ce dernier, qui ont généralement été élaborés dans un cadre de développement durable. Des stratégies existent également pour mettre en œuvre ces programmes, mais les faibles capacités d’ordres technologique, technique, institutionnel et financier, comme les difficultés de coordination entre États, sont de véritables freins à leur promotion. Nous, les Africains, devons prendre l’engagement de corriger ces insuffisances.

Responsabilités de la communauté internationale.

La communauté internationale, en se référant aux conclusions et recommandations du 4e rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), doit assumer ses responsabilités en matière de réduction des émissions de GES et honorer ses obligations en fournissant les moyens nécessaires à la mise en œuvre de la Convention cadre et du protocole de Kyoto. Et elle doit aussi réussir à se concerter pour mettre sur pied ce nouveau partenariat fondé sur une juste répartition des rôles, dans un souci de complémentarité, de transparence et de coordination des dispositions du futur traité.

Enfin, la communauté internationale doit chercher à faciliter l’accès des pays en développement, et en particulier des pays africains, aux financements que le marché du carbone peut dégager pour promouvoir une croissance peu polluante en Afrique. Pour ce faire, elle doit s’appuyer sur des institutions régionales et sous-régionales telles que la Banque africaine de développement (BAD) et la Banque ouest-africaine de développement (BOAD). Récemment, à Addis-Abeba, les représentants de l’Union africaine ont évoqué dans une résolution la nécessité d’une aide annuelle des pays industrialisés au continent de 67 milliards de dollars pour faire face aux conséquences du changement climatique.

Encore une fois, c’est en s’appuyant sur deux piliers – d’une part, l’engagement des pays africains à lever certains obstacles internes et, d’autre part, la contribution de la communauté internationale sur les plans institutionnel et financier – qu’un nouvel accord « gagnant-gagnant » pourra émerger à Copenhague.

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