C’est devenu le cas le plus emblématique de la corruption chinoise sur le continent. La société publique Nuctech, liée à Hu Haifeng, le fils du président Hu Jintao, aurait participé à des détournements de fonds en Namibie pour une somme évaluée à 12,8 millions de dollars. C’est la commission anticorruption (ACC) du pays qui a dévoilé l’affaire en juillet dernier. Cet argent devait initialement servir à l’achat de détecteurs de sécurité par la Namibie. Mais il a été retrouvé sur le compte d’une autre société, Teko Trading, avant de servir à l’achat de maisons, voitures ou encore à l’approvisionnement d’un compte privé. Encore en cours d’instruction à Windoeck, ce dossier ravive les critiques des Occidentaux sur le comportement des Chinois en Afrique. En ligne de mire, notamment, l’opacité des prêts gouvernementaux, particulièrement ceux attribués au Nigeria et à l’Angola. En RD Congo, le fameux deal « infrastructures contre minerais » a été dénoncé par les institutions de Bretton Woods.
« La pratique de la corruption, consubstantielle au système politique chinois, rencontre en Afrique un champ d’application nouveau », explique Valérie Niquet, chercheuse à l’Institut français des relations internationales (Ifri). Il est notamment reproché aux compagnies pétrolières de recourir aux pots-de-vin pour décrocher des permis d’exploration et de production. « Leurs méthodes sont les mêmes que celles des majors occidentales », estime néanmoins Ricardo Soares de Oliveira, chercheur associé à l’université de Cambridge.
Les commerçants africains et libanais accusent aussi leurs concurrents venus de l’empire du Milieu d’arroser les fonctionnaires pour minimiser leurs droits de douane ou obtenir des marchés. Devant l’avalanche des critiques, les autorités de Pékin appellent leurs ressortissants à respecter les règles en vigueur en Afrique.

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