21/09/2009 à 15h:53 Par Kayar Thiam
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Une petite Palestinienne u milieu des dcombres, le 1er juin, à Gaza Une petite Palestinienne u milieu des dcombres, le 1er juin, à Gaza © Khalil Hamra/AP

Une commission d’enquête accuse l’État hébreu d’avoir fait un usage disproportionné de la force lors de sa dernière offensive. Et de s’être rendu coupable de crimes de guerre, voire de crimes contre l’humanité.

Les conclusions de la commission d’enquête de l’ONU sur les crimes commis lors de l’offensive israélienne dans la bande de Gaza l’hiver dernier – qui a fait 1 400 morts côté palestinien – suscitent l’indignation dans l’État hébreu. Le rapport, publié le 15 septembre, a aussitôt été qualifié de « partial et mal intentionné » par Israël, qui dénonce « la mise sur le même plan d’un État démocratique et d’une organisation terroriste ».

Il n’empêche : le concept de « guerre propre » brandi systématiquement par Israël pour justifier ses actions militaires dans les territoires occupés a été sérieusement mis à mal. Et l’image de l’État hébreu dans le monde, un peu plus ternie. Le rapport dénonce, entre autres, des « tirs d’obus au phosphore blanc contre des installations de l’Unrwa » [l’agence ­onusienne chargée des réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient, NDLR] et le bombardement délibéré des hôpitaux Al-Qods et Al-Wafa. Le document accuse Israël et le Hamas, épinglé lui aussi, de s’être rendus coupables d’actes pouvant être considérés comme « assimilables à des crimes de guerre et peut-être, dans certaines circonstances, à des crimes contre l’humanité ». Selon les enquêteurs, « Israël a fait un usage disproportionné de la force et a violé le droit humanitaire international lors de son offensive dans Gaza ». Ils évoquent en détail des crimes de guerre, des violations répétées du droit humanitaire, des châtiments collectifs… et reprochent à l’État hébreu de ne pas s’être entouré des précautions nécessaires « requises par le droit international pour limiter les pertes en vies humaines, les blessures occasionnées aux civils et les dommages matériels ».

Le président de la commission d’enquête, qui n’est autre que le juge sud-africain Richard Goldstone, membre du bureau du conseil des gouverneurs de l’Université ­hébraïque de Jérusalem, s’est dit « personnellement consterné » par les agissements d’Israël. Commentant sa désignation en avril, Ehoud Barak, le ministre israélien de la ­Défense, avait dit de lui qu’« il est extrêmement respecté dans le monde et en Israël ».

Pour les enquêteurs, l’État hébreu, qui a refusé de collaborer avec la mission onusienne, estimant que « son mandat et la résolution qui l’établissait préjugeaient de l’enquête », « a ignoré les milliers d’attaques à la roquette du Hamas contre des populations civiles dans le sud d’Israël, justifiant l’opération contre Gaza ». Le Hamas, pour sa part, juge ce rapport « déséquilibré et inéquitable », parce qu’il « met sur le même plan le bourreau et la victime ».

Les conclusions offrent en tout cas à la communauté internationale, au premier rang de laquelle l’ONU et les États-Unis, un moyen de pression supplémentaire pour convaincre le gouvernement de Benyamin Netanyahou de geler la colonisation, préalable nécessaire à la reprise des négociations avec l’Autorité palestinienne.

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