21/09/2009 à 15h:16 Par Casimir Oyé Mba
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Casimir Oyé Mba, ancien Premier ministre gabonais Casimir Oyé Mba, ancien Premier ministre gabonais © Bruno Lévy pour Jeune Afrique

Ancien Premier ministre gabonais

À la suite de la disparition du président Omar Bongo Ondimba, une élection présidentielle a eu lieu le 30 août 2009. On se rappellera que, bien avant cette date, plusieurs voix s’étaient élevées pour dénoncer, souvent avec raison, les préparatifs de cette consultation : listes électorales surdimensionnées, distribution malaisée des cartes d’électeurs, etc.

Diverses autres graves insuffisances ont été relevées le jour de l’élection : ouverture tardive de plusieurs bureaux de vote, dont certains, dit-on, étaient même clandestins ; urnes pirates, écarts étonnants entre les chiffres publiés officiellement et ceux des procès-verbaux de nombreux bureaux de vote… 

Tout cela fait que le scrutin ne peut pas être considéré comme propre et crédible. Néanmoins, M. Ali Bongo Ondimba a été déclaré élu. Certes, des recours seront introduits devant la Cour constitutionnelle. Mais personne n’est assez naïf pour penser qu’elle fera autre chose que confirmer définitivement les résultats, et le nouveau président prêtera serment dans la foulée.

Le processus électoral sera ainsi bouclé, mais le Gabon se retrouvera face à son destin. À mon sens, deux grands problèmes se posent aujourd’hui :

• D’abord, le maintien de la paix et la consolidation de l’unité nationale. Des risques sérieux existent à cet égard. L’observateur averti a relevé le « repli identitaire » qui a marqué la campagne électorale. Nous savons parfaitement que sans la paix et l’unité, le Gabon n’avancera pas.

• Ensuite, l’impérieuse nécessité de développer les enviables potentialités du pays, d’apporter davantage de bien-être à son petit million et demi d’habitants, dont beaucoup s’enfoncent de jour en jour dans une inacceptable précarité.

La combinaison de tous ces facteurs pose un problème politique majeur. En effet, par-delà tous les clivages, l’opinion gabonaise exprime une très forte attente de changement dans la manière de gérer le pays. Ne pas y répondre, ne pas donner des signaux forts dans ce sens créerait un grave hiatus entre la population et les dirigeants. Un tel divorce déboucherait à terme sur une situation incontrôlable.

Dès lors, que faire ?

Même si elles peuvent se comprendre, du fait de la colère provoquée par les résultats proclamés, les violences survenues récemment ne peuvent pas constituer la solution à nos problèmes. Hormis les jusqu’au-boutistes de tous bords, au demeurant minoritaires, chaque Gabonais le sent confusément. Du côté des autorités, la répression brutale ne peut être une réponse appropriée.

La température du pays étant montée dangereusement, la priorité me paraît être de la faire baisser, en appelant tous les acteurs politiques à dialoguer, pour déterminer ensemble ce qu’ils doivent faire du Gabon. Il revient évidemment au pouvoir établi de prendre au plus vite des initiatives dans ce sens.

N’est-ce pas ce que faisait le défunt président en pareille circonstance ?

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