21/09/2009 à 14h:56 Par Cécile Sow
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Arrivée de Cellou Dalein Diallo à Conakry, le 13 septembre Arrivée de Cellou Dalein Diallo à Conakry, le 13 septembre © AFP

Après avoir fait profil bas, la société civile et la classe politique commencent à donner la réplique.

« Prédateur », « voleur », « opportuniste », « traître »… Quand il s’agit de fustiger ses adversaires politiques, le chef de la junte guinéenne ne manque pas de vocabulaire. Le 31 août, irrité par leur absence à une rencontre à laquelle il avait convié mouvements de femmes et de jeunes, élus locaux, partis politiques…, il a même qualifié Cellou Dalein Diallo, Sidya Touré et Alpha Condé de « fuyards ». Les trois leaders, partis à l’étranger pour des visites privées et professionnelles, avaient pourtant quitté le pays avec son autorisation. « Ils n’ont pas le courage de parler au peuple […]. Ils se disent forces vives. Quelles forces vives ? Ils ont pris la tangente », a ajouté quelques jours plus tard le capitaine Moussa Dadis Camara devant le Groupe international de contact (GIC) sur la Guinée, alors que les premières manifestations contre lui venaient d’éclater.

Depuis que le Forum des forces vives de Guinée (FFVG, regroupant partis politiques, syndicats et organisations de la société civile) s’est officiellement prononcé contre sa participation à la présidentielle du 31 janvier, Dadis ne souffre plus la vue du moindre opposant. Il a pourtant tout intérêt à renouer le dialogue avec les forces vives, qui envisagent d’organiser des manifestations populaires et des journées « ville morte ». La colère gronde.

Le 13 septembre, les sympathisants de Cellou Dalein Diallo, président de l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG), ont en effet prouvé leur capacité de mobilisation. Ce jour-là, 60 000 personnes, selon la police, ont accueilli à Conakry l’ex-Premier ministre. Jamais une telle réception n’avait été réservée à un leader politique. Annoncé pour la veille, le retour de Diallo avait pourtant été différé à cause de la décision du chef de la junte d’interdire les vols commerciaux à destination de la capitale guinéenne. Officiellement en raison de la visite du président sénégalais, Abdoulaye Wade, et de son homologue du Liberia, Ellen Johnson-Sirleaf. Mais, selon des sources concordantes, il voulait surtout empêcher l’UFDG de préparer un accueil grandiose à son leader. Ce dernier, qui se trouvait à Dakar, a donc dû débarquer de l’avion supposé le ramener en Guinée pour finalement repartir le lendemain. Dans la soirée, Sidya Touré regagnait à son tour Conakry, mais dans la discrétion. Les « fuyards » sont donc de retour.

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