15/09/2009 à 14h:57 Par Stéphane Ballong
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Une quinzaine de pays africains négocient pour équiper les collégiens d'ordinateurs Une quinzaine de pays africains négocient pour équiper les collégiens d'ordinateurs © Petterik Wiggers/Panos-Rea

Le projet américain One Laptop per Child (OLPC) a ouvert la voie des ordinateurs bon marché. Mais à l’heure de la rentrée scolaire, les offres dépassent le prix initial de 100 dollars l’unité.

L’idée avait fortement séduit à son annonce en 2005 et lors de son lancement fin 2007 : commercialiser des ordinateurs à 100 dollars destinés à l’éducation des écoliers des pays en développement. Elle avait été lancée par l’informaticien américain Nicholas Negroponte, cofondateur de Media Lab, du Massachusetts Institute of Technology (MIT) aux États-Unis.

Quatre ans plus tard, qu’est devenu cet ambitieux projet ? « Une réalité », assure Lionel Laské, le président de l’antenne française du projet One Laptop per Child, « un ordinateur pour chaque enfant ». « En Afrique, une quinzaine de projets sont en cours », assure-t-il. Le Rwanda, déjà acquéreur de 10 000 unités, envisagerait une commande de 100 000 ordinateurs, et le Cameroun de 5 000. Des pays comme le Mali et le Ghana figurent également sur cette liste…

Seulement, l’ordinateur à 100 dollars se vend pour l’heure 188 dollars. « Ce prix, explique Lionel Laské, ne dépasse que de 1 dollar le coût de production unitaire (187 dollars). Il devrait baisser très rapidement pour se situer au tarif initialement annoncé. » Mais, pour cela, le projet OLPC devrait réaliser des économies d’échelles en en vendant plusieurs millions d’unités. Un pari loin d’être gagné. Au total, le XO, puisque c’est son nom, n’a été livré qu’à près de 1 million d’unités depuis novembre 2007. Un chiffre largement en dessous de l’objectif de départ, qui visait la barre du million de machines vendues dès la première année de commercialisation. « Nous n’avons pas de circuit de distribution. Nos ordinateurs sont directement vendus aux autorités locales et, lorsque celles-ci changent, les projets tombent à l’eau ou tardent à être relancés », justifie Lionel Laské.

Une très vive concurrence

Mais ce n’est pas tout. Le programme OLPC a suscité des projets concurrents, purement économiques. À commencer par celui d’Intel. Le fabricant américain de microprocesseurs a annoncé, presque à la même époque que Nicholas Negroponte, son ambition de produire des ordinateurs à bas prix destinés à l’éducation des élèves. Cette annonce avait même provoqué une tension entre les deux organisations, OLPC reprochant à Intel de vouloir l’éliminer du marché. Dénommé Classmate, l’ordinateur de la firme américaine fait l’objet de projets-pilotes au Nigeria, en Égypte et en Libye. Mais l’approche d’Intel diffère. OLPC affirme viser uniquement les écoliers et dit assister les gouvernements pour trouver les financements. Tandis qu’Intel cible, « au-delà des salles de classe, les entreprises, les particuliers… et envisage de créer des réseaux de distribution », affirme Stanislas Odinot, le porte-parole de sa filiale française. Des versions du Class­mate sont d’ailleurs déjà vendues en Europe à des prix compris entre 300 et 350 euros.

À la conquête de clients dans les marchés émergents, des fabricants tels Asus, Lenovo, Dell… se sont eux aussi engouffrés dans la brèche. En Algérie, le chinois China Great Wall Computer Shenzhen a conclu avec l’Eepad un accord de coentreprise pour la fabrication d’ordinateurs qui seront vendus à 18 000 dinars (environ 180 euros). Face à l’engouement des constructeurs, les analystes sont réservés. Le cabinet IDC table sur 9 millions d’ordinateurs low cost vendus en 2012, soit 5 % du marché des portables. Celui de l’éducation devrait en représenter le tiers.

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