07/09/2009 à 17h:17 Par Abdelaziz Barrouhi
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Lors du défilé militaire, le 1er septembre 1984, à Tripoli Lors du défilé militaire, le 1er septembre 1984, à Tripoli © DR

Habits aux couleurs chatoyantes avec couvre-chef assorti, pour se donner une allure digne du titre officiel de « roi des rois d’Afrique » dont il s’est affublé. Costumes blancs coupés à la perfection, avec parfois, sur les épaules, un bisht aux contours brodés d’or traditionnellement porté par les émirs du Golfe. Uniforme emprunté aux dictateurs de Républiques bananières avec une brochette de décorations acquises apparemment sous les arcades du Palais-Royal, à Paris. Chemises sur lesquelles sont imprimées les photos des héros du « Guide » ou la carte du continent africain. Tel un mannequin sur les podiums, Kaddafi change de tenue à chaque apparition devant les caméras de télévision.

Où va-t-il donc chercher sa garde-robe ? C’est un mystère. Mais le bruit court à Tripoli qu’il dispose d’un bataillon de créateurs de mode étrangers qui sillonnent les capitales européennes à la recherche de tissus originaux exclusifs et d’idées audacieuses pour l’habiller de manière à ce qu’il vole la vedette partout où il va.

Cette extravagance vestimentaire cache mal son mode de vie. L’auteur du coup d’État du 1er septembre 1969 vit dans la hantise du putsch. Toujours à l’affût, jamais au même endroit, l’homme vit et travaille la nuit, surfant sur Internet ou recevant ses visiteurs en sirotant du thé à la menthe. Les chefs d’État étrangers savent quelles sont les heures durant lesquelles il est inutile de vouloir le joindre : une bonne partie de la matinée puis la sieste tardive en fin d’après-midi. « C’est un noctambule, raconte à Jeune Afrique un ancien ministre maghrébin qui l’a souvent rencontré. À 2 h 30 du matin, après une discussion de plus de trois heures sous la tente, j’étais épuisé. Lui, beaucoup moins, car il dormait tous les jours de 15 heures à 19 heures. »

Ce n’est qu’aux premières lueurs du jour qu’il va se coucher. Où ? C’est un secret d’État et le lieu change constamment. En 1986, l’aviation américaine a bombardé en pleine nuit sa résidence dans la caserne de Bab el-Azizia, à Tripoli. Kaddafi n’y était pas. Cette mobilité est facilitée par le nomadisme auquel il a été habitué pendant son enfance. Écolier très pauvre, il dormait sur une natte à la mosquée de Syrte car ses parents habitaient à une trentaine de kilomètres. Aujourd’hui, c’est en Toyota 4x4, en BMW, en Mercedes, en bus ou en avion qu’il voyage. Et on ne sait jamais dans quel véhicule, ni dans lequel des trois appareils utilisés pour ses déplacements à l’étranger, il se trouve.

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