Vétéran du journalisme d’investigation et spécialiste des questions de sécurité, Ronald Kessler fut longtemps membre de la rédaction du Washington Post. Désormais conservateur bon teint, il ne cache pas son admiration pour George W. Bush. Mais professionnellement, c’est une « pointure ». On lui doit quelques scoops retentissants, comme la révélation de l’identité de l’agent du FBI (le fameux « Gorge profonde ») qui informait les journalistes Bob Woodward et Carl Bernstein pendant l’affaire du Watergate. Ou celle de la tonalité très anti-Blancs des sermons du révérend Jeremiah Wright, le guide spirituel de Barack Obama. On sait que, pendant la dernière campagne présidentielle, le candidat démocrate a eu le plus grand mal à se débarrasser de cette « casserole »…
Aujourd’hui correspondant à Washington du site Internet et du magazine Newsmax, Kessler s’apprête à sortir un nouveau livre dans lequel, entre autres indiscrétions, il apporte un éclairage saisissant sur les failles du dispositif de sécurité dont bénéficie le nouveau président. On apprend par exemple qu’Obama, dont le nom de code est Renegade (« renégat ») – Michelle est pour sa part baptisée Renaissance et leurs deux filles Rosebud (« bouton de rose ») et Reliance (« splendeur ») –, reçoit, en moyenne, trente menaces de mort par jour. Soit beaucoup plus que son prédécesseur (neuf). Qu’il fait face au péril avec fatalisme, presque avec désinvolture. Et que les agents chargés de sa protection sont en nombre notoirement insuffisant. Et donc carrément surmenés. Sans sombrer dans la paranoïa, est-ce bien rassurant ?
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Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]
Zyed Krichen est le directeur de la rédaction du quotidien tunisien "Le Maghreb".[...]