Pour éviter que Comptes et mécomptes de l’Anoci, le livre qu’il publie ces jours-ci chez L’Harmattan, à Paris, soit censuré, Abdou Latif Coulibaly, contempteur zélé du régime d’Abdoulaye Wade, le fait paraître simultanément aux éditions des Sentinelles, à Dakar. L’ouvrage sera diffusé au Sénégal par des vendeurs ambulants et par la librairie Athena, la seule qui se soit portée volontaire. Sur 217 pages, le journaliste veut démontrer que la gestion de l’Agence nationale pour l’Organisation de la conférence islamique (Anoci), que dirigeait Karim Wade, le fils du chef de l’État, constitue le plus grand scandale financier de l’histoire du pays (l’Anoci était chargée de l’organisation du sommet de l’OCI, l’an dernier à Dakar).
À l’appui de son brûlot, Coulibaly produirait un certain nombre de documents : deux rapports du CICE, le cabinet commis par l’agence comme commissaire aux comptes ; un rapport de contrôle de gestion ; des procès-verbaux de réunion du conseil de surveillance de l’Anoci ; mais aussi des rapports d’étape sur les travaux entrepris.
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Gilles Kepel est politologue français, spécialiste de l'islam et du monde arabe[...]