11/08/2009 à 12h:10 Par Cécile Sow, à Dakar
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Wade revendique la propriété intellectuelle du monument de la Renaissance africaine Wade revendique la propriété intellectuelle du monument de la Renaissance africaine © AFP

Le chef de l‘état et son fils devraient être les bénéficiaires d’un tiers des recettes générées par le « monument de la Renaissance africaine » en construction à Dakar.

Paris a sa tour Eiffel, Rio son Christ rédempteur, New York sa statue de la Liberté et Dakar son « monument de la Renaissance africaine » ! Pour le président sénégalais Abdoulaye Wade, « cet ouvrage digne du continent montre une Afrique sortant des entrailles de la terre, quittant l’obscurantisme pour aller vers la lumière ». Ce projet, comme celui du Parc culturel comprenant le musée des Civilisations, le Grand Théâtre et une école d’architecture, lui tient particulièrement à cœur. Objectif : magnifier les cultures et le patrimoine « matériel et immatériel » du continent. Mais pour l’instant, ils suscitent plus de commentaires que d’admiration. Surtout le monument de la Renaissance africaine, presque achevé. 

Payé en terrains

Depuis début août, le débat ne concerne plus ni l’esthétique ni le symbolisme de l’œuvre. Les questions pécuniaires sont à la une. « Wade père et fils se sucrent », a titré un quotidien évoquant l’utilisation des fonds générés par l’exploitation du site. Et la presse n’est pas la seule à s’offusquer. « C’est scandaleux, dénonce un fonctionnaire. Wade a dilapidé les terrains de l’État et va en plus profiter de l’argent. »

Le 1er août lors d’une visite de chantier, Abdoulaye Wade a en effet révélé que 35 % des recettes issues de l’exploitation du site – qui comprendra un musée, une salle de spectacle, un centre d’affaires, des restaurants… – lui reviendront, car c’est lui qui a imaginé l’œuvre (dont il possède les droits de propriété intellectuelle), néanmoins conçue par l’architecte sénégalais Pierre Goudiaby Atepa et construite par la société nord-coréenne Mansudae Overseas Project Group of Companies. Ces fonds, dit-il, seront gérés par sa fondation dont Karim, son fils, sera le président du conseil d’administration. Quant aux 65 % restants, il assure qu’ils iront à l’État pour la construction de Cases des tout-petits (écoles maternelles gratuites, voir J.A. n° 2522) au Sénégal et dans la région. Le monument « n’a pas coûté d’argent mais du terrain. Nous l’avons échangé contre des terrains car nous n’avions pas la possibilité de sortir 14 milliards du budget », défend Abdoulaye Wade. Selon lui, il attirera des « centaines de milliers de visiteurs et rapportera des centaines de milliards de dollars ». 

Un style contesté

Sceptiques, les Sénégalais continuent de critiquer l’ouvrage. « Il est plutôt moche et totalement inutile », dit Ibou, un jeune habitant de Ouakam, quartier situé au bas des Mamelles. Du côté des religieux, les trois personnages surgis de terre et s’élevant vers le ciel ne sont pas plus appréciés. « C’est un monument païen qui va surplomber Dakar », dénonce un imam (le Sénégal compte 95 % de musulmans). Un étudiant dira même qu’il ressemble un peu trop à « L’Ouvrier et la Kolkhozienne », créé pour le pavillon soviétique de l’Exposition universelle de 1937.

Le monument de la Renaissance africaine, dont les travaux ont débuté fin 2006, devrait être terminé en décembre prochain. L’imposante structure en bronze, d’une durée de vie de 1 200 ans, s’élève à 150 mètres sur l’une des deux collines des Mamelles (volcan éteint), point culminant de la presqu’île du Cap-Vert. L’autre colline abrite depuis 1864 un phare posté à 126 mètres.

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Sénégal

CAN 2012 - Finale : la Côte d'Ivoire sur ses acquis, la Zambie sur sa lancée

CAN 2012 - Finale : la Côte d'Ivoire sur ses acquis, la Zambie sur sa lancée

Côte d’Ivoire – Zambie. Ce sera l’affiche de la finale de la CAN 2012. Une nouvelle fois, la Côte d’Ivoire part en favorite. Mais, pas étincelants dans leur demi-finale, les Él&eac[...]

Présidence de la Cedeao : OPA bienveillante de Ouattara et Compaoré

Le futur président de la Cedeao doit être élu lors du prochain sommet des chefs d'État de l'institution, le 16 février à Addis Abeba. Selon nos informations, le président ivoirien[...]

Sommet de l'UEMOA : Soumaré remanie l'agenda

Le président de la Commission de l'UEMOA, le Sénégalais Cheikh Hadjibou Soumaré, a repoussé le sommet annuel des chefs d'État de l'organisation. Au lieu de février, celui-ci devrait[...]

Présidentielle sénégalaise : l'UE déploie ses observateurs, la campagne bat son plein

L'Union européenne (UE) a entamé mercredi le déploiement de ses "observateurs de longue durée" dans les 45 départements du Sénégal. Pendant ce temps, la campagne pour la[...]

Babacar Justin Ndiaye : "Un embrasement est possible au Sénégal"

Le politologue sénégalais Babacar Justin Ndiaye analyse les enjeux de la présidentielle sénégalaise du 26 février prochain. Pour lui, l’opposition balance entre le combat anti-Wade[...]

Sénégal : Amara Traoré chassé de la tanière des Lions de la Teranga

L’entraîneur des Lions de la Teranga, Amara Traoré, a été limogé par la Fédération sénégalaise de football (FSF). Une décision qui fait suite à[...]

Sénégal : Wade contre-attaque dans la rue et au plan diplomatique

Quelques heures après une marche de plusieurs milliers d'opposants à Dakar mardi, après un appel du Mouvement du 23 juin (M23), Abdoulaye Wade s’est offert  une parade dans les rues de la capitale[...]

Sénégal - Télécoms : Sonatel maintient son dividende

La société de télécommunications sénégalaise a annoncé ses résultats pour 2011. Le chiffre d'affaires progresse de 6,1% mais les bénéfices chutent.[...]

Énergie : des patrons sous tension

Maroc, Tunisie, Côte d'Ivoire, Sénégal : gros plan sur quatre dirigeants pris entre soubresauts politiques, crise de confiance et défi de la continuité énergétique.[...]

Sénégal : le complexe casamançais

La rébellion en Casamance qu'il n'a pas su mater reste le point noir du "règne" du président sénégalais Abdoulaye Wade. Aujourd'hui, pour lui comme pour tous les candidats à la[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers