05/08/2009 à 14h:11 Par Patrick Sandouly
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Le Sénégalais Amadou Hott dirige la banque depuis janvier 2009 Le Sénégalais Amadou Hott dirige la banque depuis janvier 2009 © UBA

Avec son implantation à Londres, la banque d’affaires du groupe nigérian conforte sa volonté d’être un acteur d’importance sur le continent.

Robustes financièrement, très agressives dans leur volonté d’expansion, les banques nigérianes sont redoutées depuis des années dans toute l’Afrique de l’Ouest. Et à juste titre. Mais l’offensive panafricaine des géants bancaires nigérians et leur développement ne passent plus en appliquant uniquement une stratégie de rouleau compresseur, qui leur permet, à coup de surenchères, de rafler ou de prendre pied dans le capital des banques ouest-africaines, du Burkina Faso au Ghana en passant par la Côte d’Ivoire.

À l’image du mastodonte United Bank of Africa (UBA), les banques du plus grand pays de la sous-région se développent désormais aussi à travers la création de départements ou de filiales dans l’activité de banques d’affaires. C’est le cas d’UBA Capital, la banque d’affaires filiale du géant nigérian United Bank of Africa (UBA). 

Une opération de 5 milliards

Créée en 2006, la structure gère aujourd’hui 300 millions de dollars d’actifs et compte une quarantaine d’employés, dont six à Londres, succursale ouverte en février 2008. Cette implantation au cœur de la finance internationale correspond à la montée en puissance d’UBA Capital, qui a depuis constitué une équipe de professionnels chevronnés. Une dizaine de spécialistes africains, dont les curriculum vitae affichent des diplômes de niveau master, PhD (doctorat) ou MBA, obtenus à Oxford, Londres ou Boston.

Depuis janvier 2009, ils sont placés sous la responsabilité d’Amadou Hott. Formé à la Sorbonne, à Paris, puis à l’Université de New York, ce Sénégalais de 36 ans a déjà travaillé dans de grands groupes comme la Société générale, BNP Paribas, ABN Amro et participé au développement de Millenium Finance Corp., société d’investissement qui s’est distinguée en menant, en 2007, l’entrée en Bourse de l’opérateur portuaire DP World – une opération à 5 milliards de dollars. Hott est intervenu dans des montages financiers pour le compte d’ArcelorMittal, Dangote, Atlantique Télécom, Orange ou encore Zain. C’est d’ailleurs son objectif de développer de telles activités au sein d’UBA Capital, « y compris en Afrique francophone », insiste-t-il en référence aux filiales d’UBA nouvellement implantées au Cameroun, en Côte d’Ivoire, au Sénégal…

En attendant, il savoure encore le contrat signé le 8 juillet à Londres : UBA a dirigé un consortium de sept banques nigérianes (Oceanic Bank, Stanbic IBTC, Skye Bank, Zenith Bank, Bank PHB, Access Bank and Union Bank) qui ont réuni 265 millions de dollars pour financer ExxonMobil et la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC) dans la deuxième phase de construction d’une usine de liquéfaction de gaz. Il y a un an, les banques nigérianes n’avaient réuni que 50 millions de dollars pour financer la première phase. L’argent du pétrole nigérian paraît avoir trouvé une nouvelle destination : les banques du pays. 

Un emprunt bouclé en un jour

Quelques jours plus tôt, le 2 juillet 2009, UBA Capital bouclait son premier emprunt obligataire en un temps record : une journée a suffi pour réunir 18,5 milliards de nairas (125 millions de dollars) auprès d’investisseurs institutionnels au Lagos Stock Exchange (LSE). D’une durée de sept ans, au taux de 15,5 % garanti sur les revenus pétroliers de l’Imo, l’un des 36 États que compte le pays, la somme permettra de financer des projets d’infrastructures, dont le futur complexe de loisirs Wonder Lake, qui a l’ambition de devenir le Las Vegas – ou Sun City – ouest-africain. Un projet à 40 milliards de nairas qui fera appel, d’ici à 2010, à d’autres lignes de crédit dont UBA Capital compte bien s’occuper à nouveau. « C’est le premier emprunt obligataire pour lequel une banque du Nigeria est chef de file », explique Amadou Hott, directeur général d’UBA Capital. En janvier, l’État de Lagos avait levé 50 milliards de nairas, réunis par un consortium de banques dirigé par Stanbic IBTC, la filiale locale du sud-africain Standard Bank.

La stratégie développée par le géant nigérian UBA, à travers sa filiale pilotée par Amadou Hott, gagne de plus en plus d’adeptes sur le continent. Et les grands groupes bancaires qui n’ont pas encore développé une activité de banque d’affaires y songent très sérieusement. La réflexion ne concerne d’ailleurs pas uniquement les établissements du Nigeria. C’est le cas du groupe marocain Attijariwafa Bank qui mettrait actuellement la dernière main à la création d’une banque d’affaires. Avec le lancement à Londres de MediCapital, il y a près de deux ans, son concurrent BMCE Bank a une longueur d’avance. Mais la bataille dans cette activité ne fait que commencer en Afrique.

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