04/08/2009 à 12h:34 Par Cherif Ouazani
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Manifestation anti-Tandja organisée par l'un des opposants, Hama Amadou Manifestation anti-Tandja organisée par l'un des opposants, Hama Amadou © AFP

Ses divisions et le manque de crédibilité de ses leaders ont largement contribué à faire accepter par une partie de l’opinion l’idée du chef de l’État de prolonger son mandat.

Quels que soient les résultats du référendum, qui s'est tenu le 4 août, il y a déjà un gagnant, et c’est sans conteste le président Tandja. Il y a de grandes chances qu’il puisse, grâce à cette consultation populaire, prolonger de trois ans le mandat en cours, qui devait se terminer le 22 décembre prochain. Ni les protestations de la communauté internationale ni les manifestations de l’opposition ne l’ont fait plier. Tandja avait un atout : il connaît bien ses concitoyens.

Il sait que s’opposer aux injonctions de la communauté internationale et flatter la fibre nationaliste fait toujours recette. On gagne facilement quelques points en arguant de l’indépendance de son pays et du libre arbitre de ses électeurs. Ensuite, Tandja connaît la classe politique. Elle ne lui fait pas vraiment peur. Pour lui, les opposants ne sont pas crédibles.

Les Nigériens eux-mêmes jugent sévèrement leur classe politique. De Mahamane Ousmane, ancien président de la République, à Mahamadou Issoufou, ex-Premier ministre et ancien président de l’Assemblée nationale, en passant par Hama Amadou, longtemps bras droit de Mamadou Tandja, aucun n’est un nouveau venu. Chacun se souvient des querelles autour du pouvoir quand ils étaient aux affaires et la façon dont leur obstination respective a ouvert la voie au retour des militaires, en 1996. Leur peu de crédit est le résultat d’un parcours politique chaotique, fait d’alliances éphémères, de trahisons et de coups bas en tout genre. 

Pas de front commun

Ils avaient beau, au cours des manifestations contre le référendum, trôner ensemble à la tribune en échangeant sourires complices et tapes dans le dos, la réconciliation sonne faux. Incapable de créer un front commun, l’opposition anti-Tazartché (« la continuité » en haoussa) compte autant de leaders que d’organisations. Contrôler son propre « front du refus » relève plus du calcul politicien que de la volonté de faire échec au référendum.

Si, ensemble, ils s’opposent au maintien de Tandja au pouvoir, les partis politiques préparent déjà, chacun de son côté, leur prochaine bataille, les élections législatives prévues pour le 20 août. L’enjeu ? Quatre-vingts sièges de député, avec, à la clé, le confortable salaire d’un représentant du peuple.

Tandja n’a eu finalement qu’à surfer sur la vague… Mais il devra se méfier d’une nouvelle donne politique : la capacité de la société civile nigérienne à pallier les défaillances et les insuffisances de la classe politique. Si cette campagne référendaire devait avoir un mérite, ce serait celui d’avoir permis l’unité de l’action syndicale. Portées par leur hostilité commune au Tazartché, les sept centrales que compte le Niger, et qui, elles aussi, dispersaient leur énergie dans d’inutiles batailles d’influence, ont décidé d’unir leurs efforts en créant, début juin, l’Intersyndicale des travailleurs nigériens (ITN). C’est déjà ça, même si cela ne suffira pas à éviter la modification de la Constitution et l’entretien, pour encore quelques années, du mythe de l’homme providentiel.

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