03/08/2009 à 16h:57 Par Georges Dougueli
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André Mba Obame à la rencontre de la diaspora gabonaise, à Paris, le 18 juillet André Mba Obame à la rencontre de la diaspora gabonaise, à Paris, le 18 juillet © DR

Pourquoi Paris est-il, pour les candidats à l’élection présidentielle gabonaise du 30 août, une étape quasi obligée ? « Je suis là pour rencontrer quelques amis », répond pudiquement Casimir Oyé Mba, candidat indépendant arrivé de Libreville à la fin de juillet. Bien d’autres, et notamment Paul Mba Abessole, André Mba Obame et Louis-Gaston Mayila – pour le compte de Pierre Mamboundou – l’y avaient précédé. Avec, parfois, le même agenda.

Un voyage s’organise souvent autour de quelques rendez-vous avec des responsables français, préalablement négociés par des intermédiaires bien en cour à l’Élysée. Les prétendants cherchent avant tout à s’assurer sinon la bienveillance, du moins la neutralité de leurs interlocuteurs. Certains en sont convaincus : quiconque rechigne à sacrifier à ce rituel s’expose à la défiance de la coterie « françafricaine » – réelle ou fantasmée. Être reçu à Paris dans les hauts lieux du pouvoir reste le meilleur moyen d’asseoir sa stature internationale aux yeux des électeurs.

Il arrive que l’opération ne donne pas les résultats escomptés. Venus chercher un soutien ouvert en échange de garanties sur la préservation des intérêts français, tous sont repartis déçus, les dirigeants français ne souhaitant pas afficher une quelconque préférence. Quoique… Parmi les « amis » de la France, seul Ali Bongo semble avoir marqué des points décisifs…

Paris est également incontournable pour tout présidentiable désireux de se ménager des appuis au sein des différentes obédiences maçonniques. Ça peut toujours servir ! Ainsi, pour poser les bases de son mouvement dit des « Acteurs libres de la société civile gabonaise » lors d’un forum organisé le 4 avril à Reims, quelques semaines avant le décès d’Omar Bongo Ondimba, Bruno Ben Moubamba n’a pas omis d’inviter les membres du Grand Orient de France.

Mais le fait de séjourner à Paris a parfois des raisons moins politiques. André Mba Obame l’a fait pour fuir les tensions qui prévalaient à Libreville lors des obsèques de l’ancien chef de l’État et pour se reposer avant le marathon électoral qui s’annonçait. « J’ai même consulté une psychologue », a-t-il avoué, le 18 juillet, lors d’une rencontre avec la diaspora gabonaise à l’hôtel Concorde Lafayette. Mais on a quand même aperçu l’ancien ministre de l’Intérieur place Beauvau, où il a rencontré Brice Hortefeux.

Dans le hall de certains grands hôtels, on croise des gourous du marketing politique venus proposer leurs services aux candidats. Des professionnels des « relations presse », aussi. Casimir Oyé Mba s’est ainsi assuré les services de l’agence de communication Rumeur Publique, avant de prendre la parole devant le Press Club de France, le 29 juillet. C’était le seul moyen de réunir à la fois les médias français, les chaînes arabes, les sites Internet francophones les plus visités et les chaînes panafricaines…

Les entreprises françaises sont par ailleurs sollicitées pour confectionner des tee-shirts, des affiches, des gadgets à l’effigie du candidat, tandis qu’infographistes et designers participent à la construction de sites Internet, de blogs ou de Web TV. Certains présidentiables n’hésitent pas à se faire « relooker » par des visagistes. Selon l’estimation de l’un d’eux, la campagne coûtera à chacun des principaux candidats « au moins 4 milliards de F CFA ». Soit plus de 6 millions d’euros.

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