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28/07/2009 à 14:33
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Gill Marcus, une femme de caractère à la Banque centrale Gill Marcus, une femme de caractère à la Banque centrale © DR

La South African Reserve Bank aura à sa tête une femme, blanche, pilier de l’anc.Gill Marcus succédera le 9 novembre à Tito Mboweni, qui aura piloté l’institution dix ans durant. Continuité ou rupture ?

Tito Mboweni, gouverneur de la Banque centrale sud-africaine (South African Reserve Bank) dont le mandat expire le 7 août prochain, ne rempilera pas pour un troisième round de cinq ans. L’annonce a été faite le 19 juillet par le président Jacob Zuma, et c’est Gill Marcus, 59 ans, qui remplacera Mboweni, considéré – avec Trevor Manuel, l’ex-ministre des Finances – comme l’un des artisans de la stabilité économique de la première puissance du continent. Femme, blanche et militante de l’ANC depuis près de quarante ans, Gill Marcus est loin d’être une inconnue. Aujourd’hui présidente de l’Absa, l’une des quatre grandes banques commerciales du pays, elle a été la première femme vice-gouverneur de la Banque centrale au tournant des années 2000, lors du premier mandat de Mboweni, dont elle fut de facto la numéro deux durant cinq ans.

Si la nomination de Gill Marcus a été plutôt bien accueillie, saluée à la fois par les principales forces syndicales et les marchés financiers, les interrogations demeurent quant aux raisons du départ de son prédécesseur, annoncé à moins d’un mois de la fin de son mandat. Le gouvernement aurait-il cédé aux pressions des syndicats, dont le tout-puissant Cosatu, qui réclamaient sa tête, lui reprochant sa politique de taux d’intérêt élevés et l’accusant d’être responsable de la hausse des prix des denrées alimentaires ? On le murmure en coulisses, malgré les démentis officiels.

Tito Mboweni, pourtant sollicité par le chef de l’État pour un troisième mandat au même poste, aurait décliné la proposition, prétextant l’envie de se consacrer davantage « à d’autres centres d’intérêt », dixit Zuma, dont… la pêche, a indiqué quant à lui l’intéressé. Qui a qualifié la nomination de Gill Marcus de « très bon choix », ajoutant : « elle fera de l’excellent travail ». Pourtant, leur collaboration à la tête de la South African Reserve Bank avait donné lieu à quelques différends entre ces deux fortes têtes.

Gill Marcus va-t-elle pour autant changer de politique monétaire et laisser tomber le sacro-saint principe de Mboweni de maîtrise de l’inflation ? Pas sûr que les syndicats voient leurs vœux exaucés. Non plus que la gauche, qui souhaite elle aussi une politique monétaire plus souple, qui puisse stimuler la croissance et la création d’emplois. Car il y a peu de chances qu’interviennent des changements majeurs. « Je suivrai les traces de M. Mboweni », a ainsi déclaré Gill Marcus au moment de sa nomination. Une continuité confirmée également par Jacob Zuma lui-même, dans sa déclaration du 19 juillet : « Nous sommes tous d’accord sur le fait que nos politiques nous ont aidés à atténuer l’impact de la crise sur le pays. » Les économistes créditent d’ailleurs Gill Marcus d’avoir permis aux banques sud-africaines d’éviter le pire de la crise, grâce à la réglementation des changes qu’elle a supervisée lorsqu’elle était vice-gouverneur de la Banque centrale. 

Une bouffée d’air frais

Zwelinzima Vavi, secrétaire général du Cosatu, allié du gouvernement, qui avait qualifié la nomination de Gill Marcus de « bouffée d’air frais », risque donc d’être déçu. Du moins dans un premier temps. Car les décisions prises par Gill Marcus, tant dans le cadre de ses responsabilités publiques que dans le secteur privé, ont rarement fait l’objet d’attaques virulentes.

Pour une passation de pouvoir tout en transition, Tito Mboweni continuera de diriger la Banque centrale jusqu’au 9 novembre, épaulé en octobre par Gill Marcus, qui le rejoindra en tant que « conseiller spécial », un mois avant sa prise de fonctions officielle. Elle sera alors un acteur clé de la relance d’un pays touché par la crise : la croissance du PIB est prévue entre -1,5 % et 1 % en 2009. Il lui faudra traduire très vite en résultats l’important capital confiance dont elle dispose aujourd’hui.

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