La logique du passage en force s’est révélée payante. Le président Mamadou Tandja a réussi à éliminer tous les obstacles susceptibles d’empêcher la tenue d’un référendum afin d’obtenir la possibilité de prolonger de trois ans son actuel mandat, dans un premier temps, puis d’en briguer un troisième en 2012. Après l’Assemblée nationale, dissoute le 27 mai, la neutralisation de la Cour constitutionnelle, dont les membres opposés au scrutin référendaire ont été remerciés et remplacés le 3 juillet, la Commission électorale nationale indépendante (Ceni) constituait le dernier espoir pour les adversaires du Tazartché (« continuité », en haoussa). En vain. Le 8 juillet, son président, Moumouni Hamidou, a lancé l’opération distribution des cartes d’électeur donnant le coup d’envoi du processus électoral. Selon l’agenda décidé par le président Tandja, le Niger est officiellement en campagne électorale depuis le 13 juillet pour un vote prévu le 4 août.
L’opposition, qui a échoué à bloquer le processus, se présente en ordre dispersé et n’a toujours pas arrêté de stratégie commune. La question est de savoir s’il faut faire campagne contre la révision de la Constitution, appeler à l’abstention ou encore prôner le boycott actif avec pour objectif d’empêcher par tous les moyens la tenue du scrutin. Une option peu probable, puisque les tenants d’un recours à la rue et aux manifestations violentes sont minoritaires au sein du Front du refus.
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