15/07/2009 à 12h:56 Par Leïla Slimani
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Faut-il maintenir el-omra et el-hadj, qui rassemblent chaque année à La Mecque près de 3 millions de fidèles, malgré les risques de propagation du virus A (H1N1) de la grippe – dite abusivement « porcine » ? La question agite les autorités sanitaires et religieuses des pays musulmans à l’approche du ramadan, prévu le 20 août.

En Tunisie, on préfère jouer la prudence. El-omra, le petit pèlerinage, est suspendu, et les autorités réservent pour l’instant leur décision sur el-hadj, qui devrait avoir lieu en novembre. C’est ce qu’a annoncé, le 4 juillet, Boubaker el-Akhzouri, le ministre des Affaires religieuses, pour qui cette décision ne contredit en rien la pratique de l’islam.

Au Maroc, le Conseil supérieur des oulémas se veut plus rassurant. Dans un communiqué publié le 5 juillet, il indique que « les rumeurs ne doivent pas, pour le moment, dissuader quiconque d’accomplir les pèlerinages ».

Devant l’ampleur de l’épidémie, le mufti de la prestigieuse université cairote Al-Azhar – qui fait autorité dans le monde musulman – a appelé à un ijtihad (réflexion concertée) entre toutes les institutions religieuses pour décider ce qui, du salut de l’âme ou de la santé du corps, devait primer.

En Arabie saoudite, pays d’accueil des pèlerins, les avis sont partagés. À titre de précaution, Riyad a prévu d’acheter des doses de vaccin équivalant à 20 % de la population locale et a invité les personnes âgées et les femmes enceintes à renoncer aux voyages. De son côté, le mufti Cheikh Abdelaziz Al Cheikh crie à la manipulation et accuse les laboratoires pharmaceutiques d’alimenter les discours alarmistes. Le 9 juillet, on recensait cent quatorze cas de « grippe porcine » dans le royaume.

Les fidèles ne seraient pas les seuls à être déçus si les pèlerinages étaient annulés. Pour les agences de voyages, dont certaines sont spécialisées dans ce type de déplacements, le manque à gagner serait considérable. Selon le site Business News, il s’élèverait, pour la seule Tunisie, à plus de 150 millions de dinars (80 millions d’euros).

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