06/07/2009 à 15h:41 Par Cherif Ouazani
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La nouvelle devrait attrister des milliers d’intellectuels africains et arabes. Mohamed Bedjaoui, ancien chef de la diplomatie algérienne, ex-président de la Cour internationale de justice de La Haye, a décidé de retirer sa candidature au poste de directeur général de l’Unesco, dont l’élection est prévue pour la première semaine d’octobre 2009. L’Algérie ayant décidé de soutenir l’Égyptien Farouk Hosni, Bedjaoui avait sollicité le parrainage d’un État tiers, comme le règlement intérieur de l’Unesco l’y autorise. Et obtenu celui du Cambodge, qu’il a qualifié de « pays pauvre et digne ».

Durant sa campagne, le diplomate algérien met en avant son sens du dialogue et de la pédagogie. Mais, très vite, il doit faire face à une ignoble campagne de presse dans son propre pays. Abdelaziz Belkhadem, ministre d’État et représentant personnel du président Abdelaziz Bouteflika, se plaindra publiquement de « l’indiscipline » de Bedjaoui et lui reprochera d’aller à l’encontre « des intérêts stratégiques » de l’Algérie. Un billettiste de la presse indépendante ira jusqu’à mettre en doute la nationalité de cette figure historique du mouvement national, qui s’était engagée dans le combat contre le colonialisme dès son adolescence.

« Au lieu de présenter les contours de mon projet pour l’Unesco, je passe mon temps à soigner les plaies de ces flèches dont me crible mon pays », confiait Bedjaoui à Jeune Afrique il y a quelques semaines. Il avait la conviction que le poste de DG de l’Unesco était « à portée de main », que son projet pouvait séduire le Conseil exécutif de l’institution onusienne et que sa parfaite connaissance des rouages de l’organisation, où il représenta l’Algérie durant huit ans, constituait un solide argument électoral. Bedjaoui savait qu’il pouvait gagner sans l’Algérie. Mais pas contre elle. Or, non seulement son pays ne lui a pas facilité la tâche, mais il a contribué à saborder tous ses efforts pour remporter une élection désormais quasi acquise à Farouk Hosni. 

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