29/06/2009 Ã 15h:50 Par Jeune Afrique
Jeune afrique : En annonçant votre candidature le 6 juin à Brazzaville, vous avez, dites-vous, répondu à l’appel des Congolais, mais aussi de votre « voix intérieure ». Que vous a-t-elle murmuré, cette petite voix ?
Denis Sassou Nguesso : Le plus important est évidemment ce que m’a demandé le peuple congolais. Lors de ma grande tournée d’avril-mai à travers tous les départements du pays, j’ai pu entendre et mesurer à quel point les populations souhaitaient que je poursuive l’œuvre entamée. Et cela de la manière la plus sincère et la plus pressante. Au point que les contributions financières pour ma future campagne ont commencé à affluer : 45 millions de F CFA par exemple, rien que pour le département des Plateaux. À Brazzaville, mon meeting du 6 juin a rassemblé un demi-million de personnes. Était-il imaginable que je me dérobe ? D’autant qu’à cette mobilisation en faveur de ma candidature correspondait ce que me dictait ma conscience, ma voix intérieure. Oui, j’ai encore des services à rendre à ce peuple congolais qui a fait ce que je suis et qui m’a tant donné. J’ai donc réfléchi avant de prendre ma décision, mais je n’ai pas hésité.

Pourquoi avoir choisi un éléphant comme emblème de campagne ?
C’était déjà mon logo lors de la présidentielle de 2002. L’éléphant, c’est la force tranquille. Celui qui, dans la forêt, reçoit sur son dos les branches que cassent les singes. Celui qui assume et supporte. Bref, c’est le chef. 

Vous avez face à vous douze concurrents. Un mot sur les quatre candidats retoqués par la Cour constitutionnelle ?
Il ne m’appartient pas de commenter cette décision.

Il y a pourtant parmi eux des figures connues comme Christophe Moukouéké et surtout l’ancien Premier ministre Ange Édouard Poungui, qui y voit une manÅ“uvre politique inspirée par vous pour l’éliminer de la course.
Si manÅ“uvre politique il y a, ce dont je doute fortement, j’attends qu’on me la démontre, preuves à l’appui. En tout état de cause, elle ne saurait émaner de moi, mais de la Cour. C’est à elle qu’il faut s’adresser.

La plupart des candidats de l’opposition continuent de réclamer la mise en place d’une commission électorale indépendante. Ils n’ont pas confiance dans l’instance de supervision en vigueur, la Conel. Laquelle, il est vrai, n’a guère brillé par sa technicité lors des précédents scrutins.
Les difficultés qu’a rencontrées la Conel étaient d’ordre purement technique, dues à un manque de maîtrise de l’outil informatique. Elles n’avaient rien de politique et elles ont, depuis, été résolues. En réalité, ceux qui critiquent la Conel sur le fond souffrent sans doute d’amnésie. Ils oublient que cette instance est un pur produit de la Conférence nationale souveraine et que les élections de 1992 et de 1993 ont été organisées par le ministère de l’Intérieur et par la Conel – exactement comme aujourd’hui. Or, comme chacun le sait, j’ai été battu en 1992. Pourquoi ce qui était valable hier aux yeux de l’opposition ne l’est plus aujourd’hui ? Pourtant, c’est le même type de Conel, comme sous André Milongo, comme sous Pascal Lissouba : une Conel ouverte aux partis et à la société civile, présidée par un magistrat. Si l’opposition radicale refuse d’intégrer la Conel, où elle a toute sa place, qu’y puis-je ? Devrais-je pour autant arrêter la marche de l’État ? Annuler les élections ? Geler le processus démocratique ?

Autre grief formulé par vos concurrents : les listes électorales, jugées par eux non fiables. Vous bénéficieriez ainsi d’un « matelas stratégique » de cinq cent mille électeurs fictifs…
Qu’ils le prouvent ! C’est à eux d’apporter les preuves de leurs accusations ! Les listes électorales sont connues, affichées et publiées dans chaque département. Les cartes électorales sont en voie de distribution. Ils prétendent que nous donnons des cartes à des étrangers, eh bien qu’ils le démontrent ! Qu’ils produisent un non-Congolais avec une fausse carte, qu’ils le filment, qu’ils le photographient et qu’ils envoient le tout à la Conel ! Nous verrons bien.

N’y a-t-il pas un risque que, comme en 2002, les candidats de l’opposition se retirent du jeu à la veille du scrutin ?
À l’impossible nul n’est tenu. Nous aurons tout fait pour qu’une telle éventualité ne se produise pas. Si, malgré tout, certains s’engagent sur cette voie, ce sera leur responsabilité. L’élection aura bien lieu, avec ou sans eux. L’exemple de l’Algérie est là pour le démontrer. Une partie de l’opposition a boycotté la récente présidentielle, sans que cela change quoi que ce soit. Un président a été élu et nul ne conteste sa légitimité.

Ne craignez-vous pas des troubles, des violences, des dérapages ?
Non, les Congolais ne veulent plus entendre parler de tout cela. Ils savent le prix des violences et ils ne veulent surtout pas qu’une paix aussi chèrement acquise soit remise en cause. Au moment où je vous parle, le boulevard des Armées à Brazzaville est à la disposition de l’opposition, qui y organise un meeting. En toute tranquillité !

Et l’accès aux médias d’État ?
Il est garanti et réparti également, de par la loi.

Vos opposants vous accusent de jouer un double jeu. Vous parlez de paix le jour et, la nuit venue, vous feriez entrer des conteneurs d’armes, vous entraîneriez des milices. Le candidat Mathias Dzon parle même de mercenaires. Que répondez-vous ?
Écoutez. C’est moi qui, au Congo, ai mis un terme au règne des milices, il y a douze ans. C’est moi aussi qui ai fait procéder à cinq reprises au moins à l’incinération publique des stocks d’armes saisis sur ces mêmes milices. Il n’y a plus un seul milicien dans ce pays. Tout élément en armes relève de la Force publique, dûment identifiée comme telle, et tout matériel militaire importé lui est exclusivement destiné. Est-ce clair ?

L’armée a mis en place une opération de sécurisation des élections baptisée « Araignée 2009 », et le siège de la Conel à Brazzaville est désormais protégé par des soldats et des sacs de sable. Pourquoi ce déploiement de force ?
Vous dramatisez. Toute élection a besoin de sécurité, ici comme ailleurs. Chaque candidat, dans ses déplacements et ses apparitions publiques, a le droit d’être protégé. Tout comme doit l’être le siège de la Conel. Citez-moi un seul pays où les forces de l’ordre ne sont pas mobilisées en pareil cas ?

Mathias Dzon a été votre ministre des Finances, Poungui votre Premier ministre, le général Ngouélondélé a dirigé vos services de sécurité. Pourtant, ils figurent aujourd’hui au rang de vos adversaires les plus virulents. Comment l’expliquez-vous ?
C’est leur choix. N’attendez pas de moi que je le commente.

Quand le candidat Dzon qualifie votre régime de « monarchique, antidémocratique, antisocial, inhumain et impopulaire », cela ne vous fait pas réagir ?
Ce serait m’abaisser et abaisser la fonction qui, jusqu’au jour de la prestation de serment du futur président, demeurera la mienne : celle de chef de l’État.

Vous n’avez donc pas l’intention de rendre coup pour coup ?
Ceux qui souhaitent me voir sur ce terrain-là risquent d’être déçus. La politique n’est pas un combat de boxe.

J’imagine que vous laisserez ce soin à votre équipe de campagne…
C’est possible. À elle de décider.

Vos adversaires ont demandé à la Cour constitutionnelle d’invalider votre candidature, au motif que vous n’avez pas déclaré votre patrimoine. Qu’en dites-vous ?
Laissons la Cour répondre. Il est vrai que l’article 48 de la Constitution prévoit que chaque candidat à une fonction élective doit déclarer son patrimoine. Il prévoit aussi une loi d’application pour rendre effective cette disposition. Or cette loi n’a pas encore été adoptée par le Parlement. Je remarque d’ailleurs qu’aucun de ceux qui ont fait cette demande auprès de la Cour n’a déclaré son propre patrimoine, bien que certains soient des élus du peuple. Concluez vous-même.

Si vous aviez à le faire, que déclareriez-vous ?
Je n’ai rien à cacher, tout est ouvert. J’ai ma résidence privée de Mpila, qui est ma propriété depuis 1970, où je vis et où je travaille. Après tout, j’aurais pu la mettre en location et loger dans une résidence officielle, comme cela se fait dans la plupart des pays, mais je suis économe des deniers de l’État. J’ai des biens dans ma ville d’Oyo, un appartement à Paris et une maison au Vésinet, qui ont été abondamment photographiés. Tout cela, mes adversaires le connaissent. Certains d’entre eux ont d’ailleurs largement profité de mon hospitalité, que ce soit au Congo ou en France. Ce qui est normal. Je ne leur en veux pas.

Envisagez-vous un second tour ?
Nous verrons bien. En attendant, je me concentre pour gagner au premier tour.

Et si vous étiez battu ?
Si je ne pensais pas sérieusement que j’allais gagner l’élection, je ne serais pas candidat. Mais je suis aussi un démocrate. J’ai déjà été battu en 1992. Je me suis sagement retiré chez moi et je n’en ai pas fait un drame.

L’Union européenne a décidé de ne pas envoyer d’observateurs. Cela vous chagrine ?
Non, ils étaient là en 2002. Ils sont libres de revenir comme de ne pas revenir. Je n’en connais pas les raisons, mais c’est le problème de l’UE. La crédibilité du scrutin n’en sera pas pour autant entachée.
Y a-t-il un lien entre cette réticence de l’Union européenne et l’affaire dite des « biens mal acquis », qui vous concerne en partie ?
Je l’ignore. Le but de ceux qui ont monté cette affaire de toutes pièces était de démoraliser les Congolais et de les inciter à la révolte. Je ne vois pas l’UE, qui est une instance respectable, se laisser influencer par ce genre de manipulation. De toute façon, l’offensive a piteusement échoué. Ce ne sont pas les ONG qui décident à la place du peuple.

Pourquoi votre image a-t-elle des difficultés à « passer » à l’étranger ?
Ce qui m’importe, c’est qu’elle passe, comme vous dites, aux yeux des Congolais. En Occident, certains sont de mauvaise foi, d’autres critiquent en méconnaissance de cause, d’autres aussi savent faire la part des choses. Et puis, je suis tel que je suis. Je vous l’ai déjà dit : je n’ai ni à m’excuser, ni à me justifier auprès de ceux qui ignorent tout des réalités de mon pays. 
Parmi les treize candidats à l’élection présidentielle, aucune femme. Le Congo serait-il en retard sur le reste du monde ?
Comme vous y allez ! En 2002, il y avait deux candidates, cette fois il n’y en a pas. C’est purement circonstanciel. Laissez-nous progresser, évoluer. Un jour, une femme sera présidente du Congo, une autre dirigera la France ou les États-Unis. C’est à la fois inévitable et souhaitable.

L’élection pourra-t-elle se dérouler partout dans la région du Pool ?
Absolument. Tout comme les législatives et les locales auparavant. Sans aucun incident.

Le fait que Bernard Kolélas, qui est le leader historique du Pool, se soit rallié à vous signifie-t-il que cette région est désormais orpheline, en panne de chef ?
Ne réduisez pas Bernard Kolélas aux dimensions d’un leader départemental. C’est un homme politique d’envergure nationale qui existe bel et bien, avec son parti et son influence.
On le dit fatigué. Sur le déclin.
C’est vous qui le dites. Quand bien même, cela signifierait-il qu’il n’existe pas de relève ? Et puis cessons de tout analyser en termes de clivages régionaux. Les ressortissants du Pool sont des Congolais à part entière. Ce ne sont pas des obsédés de l’ethnicisme.

Le décès du président Bongo Ondimba aura-t-il un effet sur le vote batéké au Congo ?
Je ne vois pas le rapport. Les Tékés, communauté à laquelle appartenait le défunt président Bongo Ondimba, sont présents au Gabon et dans les deux Congos. Chacun se détermine en fonction de ses propres échéances politiques. Il n’y a jamais eu de confusion à ce sujet.

Pourtant, Bongo est intervenu à plusieurs reprises dans les affaires intérieures congolaises, notamment entre 1992 et 1998. Pour le meilleur ?
Tout à fait. Pour la paix.

Êtes-vous inquiet pour l’avenir du Gabon ?
La Constitution est respectée, ce qui est encourageant. Cela dit, le problème posé par la disparition d’un homme tel que celui-là est sérieux. Il mérite que l’on soit attentif, vigilant et bienveillant.

Pourriez-vous, si le besoin s’en faisait sentir, proposer vos services de médiateur, comme Bongo l’a fait pour votre pays ?
Une chose est sûre : je ne resterai pas indifférent. Les problèmes du Gabon, qui est notre voisin immédiat, sont aussi les nôtres.

Le Comité de suivi de la Convention pour la paix et la reconstruction 
du Congo, réuni début juin à ÂBrazzaville, vous a proposé de faire voter une loi d’amnistie en faveur de votre prédécesseur, Pascal Lissouba, en exil en France depuis près de douze ans. Êtes-vous 
d’accord ?
S’il s’agit d’une amnistie individuelle en faveur de M. Lissouba, pour telle ou telle raison spécifique, et non d’une amnistie collective, je suis tout à fait disposé à l’examiner avec un a priori favorable.

Vous avez été récemment frappé par un deuil particulièrement pénible, celui de votre fille Édith Lucie. En avez-vous tiré un surcroît de force ?
J’ai dit ce que j’avais à dire à ce propos le jour des obsèques. Je ne souhaite pas me répéter. Reportez-vous aux mots que j’ai prononcés à Edou.

Le découragement ne vous a pas effleuré ?
Non. Pas du tout.

Si vous êtes élu dans quelques semaines, peut-on vraiment dire que ce sera votre ultime mandat ?
La Constitution de 2002 est claire à ce sujet : un septennat renouvelable une seule fois. Ce sera donc en principe mon dernier mandat, sauf si la Loi fondamentale venait à changer sur ce point.

Ce que, apparemment, vous n’excluez pas…
Nulle part dans le monde il n’existe de Constitution immuable. Mais elle ne peut être modifiée, sur ce point ou sur un autre, par exemple la limite d’âge requise pour être candidat, que si le peuple le souhaite et l’approuve.
Comptez-vous, en cas de victoire, renouveler et régénérer votre gouvernement ?
Je ne dis pas que je ne changerai rien, mais il y a déjà beaucoup de jeunes dans mon gouvernement. Les générations montantes y sont largement représentées. Ce n’est pas une équipe de vieux.
Un nouveau Premier ministre ?
Je n’en sais rien et ce n’est pas le moment d’envisager cette question.

Un président sortant est avant tout jugé sur son bilan. Y a-t-il des domaines dans lesquels vous pensez avoir échoué ?
Il y a des secteurs où j’aurais souhaité aller plus vite, même s’il était quasiment impossible, vu l’état des lieux, d’obtenir des résultats significatifs partout. Je pense à l’emploi, à l’électricité, à l’eau. Les attentes sont fortes, je le sais, mais chacun doit comprendre que l’on ne peut distribuer ce que l’on ne produit pas. Ce sont des chantiers énormes. Estimer que nous aurions dû mettre la charrue avant les bÅ“ufs relève de la démagogie.

Est-il normal qu’en dépit des sommes que vous avez débloquées certains malades doivent se faire porter à dos d’homme pour grimper les étages du CHU de Brazzaville, faute d’ascenseurs et de civières ?
L’aide d’urgence que j’ai fait débloquer pour le CHU n’était qu’un palliatif, en aucun cas un moyen de résoudre la totalité de ce chantier. Le CHU a besoin d’une réhabilitation complète. C’est un problème que j’ai pris à bras-le-corps. Il demande juste un peu de temps.

On dit que le Sassou Nguesso de 2009 n’est plus celui d’il y a vingt ans, en ce sens qu’il hésite désormais à sanctionner les corrompus.
Certainement pas. Je vérifie, je fais instruire et, au besoin, la sanction tombe. Il y a peu, à l’issue de la dernière réunion du Conseil supérieur de la magistrature, onze magistrats, dont un membre de la Cour suprême, ont été radiés pour des faits de cette nature. Idem pour des agents du Trésor indélicats, de connivence avec des opérateurs économiques étrangers. Ils sont aujourd’hui en prison, après avoir été jugés et reconnus coupables. Le Congo est un État de droit.

Votre programme a pour intitulé « Les chemins de l’avenir ». Le précédent s’appelait « La nouvelle espérance ». Vous connaissez, je suppose, la célèbre phrase de Napoléon, « les chefs sont des marchands d’espérance »…
Si je vous suis bien, je devrais donc dire aux Congolais : « Votre avenir est bouché, votez pour moi ! » Ce ne serait ni sérieux ni réaliste. Ce pays a un avenir porteur d’espérance. Construisons-le ensemble.
Que répondez-vous à ceux qui vous accusent de mener campagne en utilisant les moyens de l’État ?
Je réponds qu’ils n’ont pas le sens de l’État. Jusqu’au terme de mon mandat, le 14 août au soir, quand je remettrai le pouvoir entre les mains de mon successeur, que ce soit moi-même ou un autre, je demeurerai le chef de l’État du Congo. D’ici là , je continuerai d’agir, de voyager, de recevoir des émissaires, d’en envoyer, de signer des textes, d’inaugurer telle ou telle réalisation. Et je ne le ferai pas en cachette. Voudriez-vous, au prétexte que je suis candidat, que ce pays ne soit plus dirigé ? Imaginez un pilote qui abandonne son cockpit en phase d’atterrissage : qu’en penseraient les passagers ?

On a l’impression, à vous écouter, que les jeux sont faits en votre faveur.
Comment cela ? Je ne vais tout de même pas adopter une posture de perdant pour vous faire plaisir ! Vous savez, je suis l’un des rares chefs d’État en exercice qui connaisse la médaille sous ses deux faces : la victoire, mais aussi la défaite. Cela me donne un certain avantage, question sérénité.

Que diriez-vous aux Congolais, en quelques phrases, pour les convaincre de vous renouveler leur confiance ?
Les Congolais me disent ceci : vous avez ramené la paix, la stabilité et la sécurité. Vous avez réorganisé l’État et l’économie. Certes, tout n’est pas encore parfait, mais vous devez continuer sur ce chemin afin de moderniser et d’industrialiser le Congo. C’est pour cette raison que nous allons voter pour vous.

Ce n’est pas tout à fait ma question…
Je sais. Mais c’est la réalité. Le peuple dit cela et je suis d’accord avec lui.

Pourquoi ne dites-vous pas « je » ? Une présidentielle, c’est un rapport entre un homme et les citoyens.
Je serai plus direct lors de la campagne.

Question de pudeur ?
Peut-être. D’éducation aussi. Après tout, la pudeur n’est pas un sentiment déshonorant…