22/06/2009 à 16h:23 Par Cherif Ouazani
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Hama Amadou (à g.) avec le leader de l'opposition Mahamadou Issoufou à Niamey, le 18 juin Hama Amadou (à g.) avec le leader de l'opposition Mahamadou Issoufou à Niamey, le 18 juin © DR

À peine Moumouni Adamou Djermakoye, le président de la Haute Cour de justice, était-il mis en terre, le 15 juin, dans sa ville natale de Dosso (voir p. 48) que la trêve entre partisans et adversaires d’un troisième mandat de Mamadou Tandja volait en éclats.

Le soir même, la télévision publique diffusait un commentaire au vitriol à propos de l’arrêt du 12 juin de la Cour constitutionnelle annulant le décret sur la tenue d’un référendum souhaité par le chef de l’État pour se maintenir au pouvoir.

Mais à Niamey, le bras de fer qui oppose le président Tandja à la Cour constitutionnelle occupe moins les esprits que le retour au pays d’Hama Amadou. Longtemps homme fort du pays et dauphin désigné de Tandja, dont il était le fidèle lieutenant, l’ancien Premier ministre en disgrâce a quitté l’Hôpital américain de Neuilly, près de la capitale française, où il était en convalescence, pour venir assister aux obsèques de Djermakoye.

Le destin d’Hama Amadou bascule le 31 mai 2007, quand son gouvernement est renversé par une motion de censure de l’Assemblée nationale pour une affaire de détournements de fonds. Celle-ci lui vaudra d’être incarcéré, le 26 juin 2008, dans la prison de haute sécurité de Koutoukalé. Mais après dix mois de détention, la Haute Cour de justice, que présidait feu Djermakoye, décide, le 23 avril 2009, de le libérer pour raisons de santé. Deux jours plus tard, l’ancien Premier ministre est évacué vers Paris.

Cela faisait un peu plus d’un an qu’Amadou avait disparu d’une scène politique dont il avait occupé le premier plan une décennie durant. L’euphorie et l’enthousiasme qui ont accompagné ses sorties publiques depuis son retour à Niamey montrent qu’il n’a rien perdu de sa popularité. À Dosso, qui n’est pourtant pas son fief électoral, tout le monde se pressait pour le saluer. Sa résidence dans la capitale nigérienne ne désemplit pas. Les conditions de sa libération provisoire ne l’empêchent pas de reprendre ses activités politiques. Il ne s’en prive pas, et rencontre les leaders de l’opposition et les militants de son parti, le MNSD (le Mouvement national pour la société de développement), dont il avait perdu la présidence à la suite de ses ennuis judiciaires. L’enfant prodigue est de retour.

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