Du 10 au 11 juin, Kinshasa a abrité les travaux d’un atelier national, qui a approuvé le Cadre stratégique de mise en œuvre de la décentralisation, prévue par la Constitution de 2006. Organisée par le ministère de la Décentralisation et de l’Aménagement du territoire, cette rencontre a permis l’adoption d’une « feuille de route nationale ». Les actions à mener s’étalent sur une période de dix ans (2009-2019). Avant cette réunion, Antipas Mbusa Nyamwisi, le ministre de tutelle, avait sillonné le pays pour expliquer le sens de ce projet.

Quels financements ?
L’atelier a été l’occasion d’entériner la nouvelle configuration administrative du pays. Le nombre des provinces passe de onze à vingt-six. Ainsi, le Katanga est désormais divisé en quatre entités : Haut-Katanga, Haut-Lomami, Tanganyika et Lualaba. La province Orientale disparaît au profit de l’Ituri, du Haut-Uele, du Bas-Uele et de la Tshopo. Il en est de même de l’Équateur, auquel s’ajoutent le Nord-Ubangi, le Sud-Ubangi, la Mongala et la Tshuapa. Le Mai-Ndombe, le Kwilu et le Kwango remplacent le Bandundu. Au centre, le Kasaï occidental est divisé en deux et le Kasaï oriental en trois.
Seules provinces à n’avoir pas bougé : Kinshasa, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu, le Maniema et le Bas-Congo, qui s’appellera désormais « Kongo central ». Les nouvelles entités sont, en réalité, d’anciens districts. Le facteur tribal ou ethnique a-t-il joué dans ce découpage ? « Non, répond un cadre du ministère de la Décentralisation. Même s’il est vrai que certaines populations préféreraient être rattachées à telle province plutôt qu’à telle autre. C’est un autre débat. »
Reste une inconnue de taille : comment les nouvelles provinces, dont beaucoup ne disposent pas de ressources naturelles, vont-elles pouvoir fonctionner ? Pourront-elles compter sur la solidarité nationale, ou bien sur les 40 % des recettes que l’État doit, selon la Constitution, leur transférer ? C’est déjà un point de friction entre les onze provinces actuelles – qui ne voient rien venir – et le gouvernement…
La solution viendra peut-être de cette suggestion des participants à la réunion des 10 et 11 juin : créer, en faveur des entités décentralisées et des entrepreneurs locaux, un fonds de subvention et un système d’emprunt public permettant d’accéder au crédit au lieu d’attendre la rétrocession des 40 %.

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