09/06/2009 à 12h:05 Par Samy Ghorbal
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Élu pour quatre ans, rééligible une fois, le président iranien tire sa légitimité de son élection au suffrage universel direct. Il est un peu l’équivalent d’un chef de gouvernement, le poste de Premier ministre ayant été supprimé à l’été 1989, quelques semaines après la mort de l’imam Khomeiny. Il représente son pays dans les grandes manifestations internationales, notamment lors des Assemblées générales de l’ONU, à New York, en septembre, une grand-messe à laquelle Ahmadinejad a toujours mis un point d’honneur à assister. Mais, contrairement à ce que son titre pourrait laisser croire, le président n’est pas le chef de l’État. Il est assujetti au Guide de la République islamique, Ali Khamenei, le successeur de Khomeiny, nommé à vie par l’Assemblée des experts, en juin 1989.

Le Guide est la clé de voûte des institutions iraniennes, déroutant mélange de théocratie et de démocratie encadrée. Il a le pouvoir de démettre le président. Il contrôle la justice, l’armée et les pasdarans. Il peut théoriquement lui-même être démis par l’Assemblée, mais le cas, s’il se produisait, ouvrirait une crise de régime. Car le Guide est supposé infaillible. Il tranche au nom de Dieu. Cette confusion entre les pouvoirs temporel et spirituel a été pensée et voulue par Khomeiny, qui, au cours de son long exil en Irak, entre 1963 et 1978, a élaboré la doctrine du Velayat-el-Faqih, le « gouvernement du jurisconsulte ».

Si Khomeiny, père de la Révolution et « grand-père » de la nation, jouissait d’une autorité incontestable, Khamenei, que rien ne prédisposait vraiment à la fonction et qui n’était pas encore ayatollah lors de sa désignation, a mis près d’une décennie à s’imposer. Il a aujourd’hui considérablement consolidé son emprise sur le système. Mais malgré les apparences, et bien que le Guide ait le dernier mot, la plupart des grandes décisions sont collégiales. Khomeiny avait pris soin de façonner les institutions de façon à éviter la confiscation par un seul de toute l’autorité. C’est dire si le débat au sein du pouvoir doit être pris au sérieux en Iran.

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