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25/05/2009 à 16:52
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Quatre décennies d’indépendance, quatre présidents. La République démocratique du Congo a tout vécu, tout connu, sauf une valse de présidents. L’on pourrait même dire, avec une pointe de malice, que dans ce pays la fonction présidentielle est stable. Ou difficilement accessible. Seules trois provinces ont eu le privilège de donner un chef d’État à la nation : le Bas-Congo avec Joseph Kasa-Vubu (1960-1965) ; l’Équateur avec Mobutu Sese Seko – né Joseph-Désiré – (1965-1997) ; le Katanga avec Laurent-Désiré Kabila (1997-2001) et Joseph Kabila, au pouvoir depuis 2001. Il y a eu une élection au suffrage indirect (Kasa-Vubu) ; deux coups d’État (Mobutu et Kabila père) ; une désignation par une main invisible normalisée ensuite à l’occasion d’une élection au suffrage direct pour ce qui concerne Joseph Kabila. Deux Désiré et trois Joseph. Étrange coïncidence de l’Histoire !

Un président, une méthode. Ceux qui ont connu Kasa-Vubu ou vécu sous sa présidence le considèrent comme la vertu incarnée. Il n’aurait jamais « volé », jamais « tué », jamais… En réalité, cet homme qui est passé sans transition du statut de bourgmestre dans la capitale congolaise à celui de chef de l’État reste une énigme. Celui qui enflammait ses partisans à la fin des années 1950 n’a été que silences durant ses cinq années de règne. Des silences confinant à l’effacement total, à l’absence même d’autorité. C’est à peine si l’on se souvient de l’attitude débonnaire de l’ancien séminariste et de sa voix fluette sans énergie.

Mobutu Sese Seko était d’un autre calibre. Avec lui, il s’agissait d’affirmer l’autorité de l’État et la sienne dans toute sa plénitude, de montrer qu’il était le seul chef, l’unique, auquel tout le monde devait allégeance. Il se voulait le guide de son peuple et souhaitait le voir jouer un rôle phare au-delà des frontières du Zaïre. Tribun hors pair, il adorait s’adresser directement à la population au cours de longs rassemblements populaires. Et aucun sujet touchant à la vie nationale n’était oublié. Il sillonnait sans cesse le pays. Cette présence et les prises de parole permanentes rassuraient.

Laurent-Désiré Kabila, pour sa part, avait misé sur la roublardise pour accéder au pouvoir et le conserver. Au cours de sa vie de maquisard, il avait appris à se méfier de tout le monde et à se conduire souvent de façon imprévisible. D’aucuns ont attribué certaines de ses réactions, jugées brutales ou excessives, à l’ivresse du pouvoir.

Par son manque de visibilité et ses longs silences à des moments critiques de la vie nationale, Joseph Kabila rappelle quelque peu Joseph Kasa-Vubu. Durant ses premières années d’exercice du pouvoir, on a souvent dit qu’il apprenait le métier. En réalité, il y a longtemps que son apprentissage est terminé, même s’il n’est pas encore totalement sorti de sa coquille. Mais certains signes, comme sa récente tournée, en mars, dans les provinces de l’Est, montrent qu’il commence à se faire au contact de la foule. Il a choisi d’avancer à pas feutrés et de brouiller les pistes.

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