20/05/2009 à 14h:36 Par Julien Félix, à Casablanca
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Air Arabia dévoile ses ambitions Air Arabia dévoile ses ambitions © D.R.

La filiale de la toute jeune compagnie émiratie prend son envol au Maroc avec l’objectif de transporter 5 millions de passagers par an grâce à l’achat de vingt appareils.

La concurrence va redoubler d’intensité dans le ciel marocain. Le 29 avril, Air Arabia a en effet officiellement inauguré sa première filiale au Maroc. « Toutes les destinations à moins de quatre heures trente de Casablanca nous intéressent », prévient Adel Ali, le directeur général d’Air Arabia et patron d’Air Arabia Maroc. Le ton est donné. Et même s’il s’en défend – « nous ne nous voyons pas comme un concurrent de Royal Air Maroc [RAM], le marché marocain est en pleine expansion et il y a de la place pour tous les opérateurs » –, difficile d’imaginer que sa nouvelle filiale n’ira pas rapidement taquiner la RAM avec un tel objectif, y compris sur sa chasse gardée en Afrique de l’Ouest.

Coup de bluff ? Pas si sûr. En à peine six ans d’existence, la jeune compagnie basée à Sharjah, l’un des sept pays des Émirats arabes unis, a déjà réussi à transporter plus de 10 millions de passagers et engrange chaque année des bénéfices supérieurs à 138 millions de dollars pour un chiffre d’affaires qui a atteint 562,9 millions de dollars en 2008, en hausse de 61 %. Sans cesse à la recherche de nouvelles destinations, Air Arabia a passé commande de 34 Airbus A-320 en novembre 2007, avec une option de 15 appareils supplémentaires. Depuis son hub de Casablanca, la filiale marocaine, qui compte bien rapidement devenir la première compagnie low cost du royaume, devant Atlas Blue et Jet4You, cherchera à s’étendre davantage sur le marché africain, notamment sur le marché domestique marocain, tout en s’ouvrant les portes de l’Europe, de la Turquie ou de l’Égypte.

Pour mettre un pied dans le royaume, le transporteur du Moyen-Orient s’est associé à la compagnie locale Regional Air Lines. Dotée d’un capital de 50 millions de dollars, Air Arabia Maroc est détenue à 51 % par des marocains (Holmarcom et Finance.com, principaux actionnaires de Regional Air Lines). Le reste du capital est entre les mains d’Air Arabia et d’Ithmaar Bank, une banque d’investissement de Bahreïn. En revanche, les décisions stratégiques seront prises par Air Arabia, qui assurera le management de la filiale.

D’ici à octobre, deux nouveaux appareils rejoindront les deux A-320 dont dispose la filiale marocaine. « Nous comptons acquérir trois ou quatre A-320 supplémentaires chaque année, confie Adel Ali. À terme, nous devrions disposer d’une vingtaine d’appareils et transporter plus de 5 millions de passagers chaque année. Nous avons une vision à long terme. Mais nous ne serions pas surpris que notre nouvelle filiale atteigne un rendement similaire à celui de la maison mère. » Air Arabia avait atteint son seuil de rentabilité dès la première année…

Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Accent dans la course à l'export

Article précédent :
Le nouveau plan de vol d'Air Ivoire

Maroc

France - Maroc : le roi Mohammed VI reçu à l'Élysée par François Hollande

France - Maroc : le roi Mohammed VI reçu à l'Élysée par François Hollande

En visite privée en France, le souverain marocain Mohammed VI a été reçu à l’Élysée, jeudi 24 mai, dans l’après-midi. Il est le premier chef d’État[...]

Maroc : dans la roue de Renault

Le Maroc souhaite profiter de l'élan donné par le démarrage de l'usine du constructeur français Renault. Mais, si l'emploi est au rendez-vous, les fournisseurs locaux restent encore peu[...]

Maroc - Automobile : Budget Locasom se lance dans la location longue durée

Au Maroc, c'était jusque-là un service réservé aux entreprises. Budget Locasom se lance dans la location longue durée à destination des particuliers. Pour ses concurrents, l'heure est[...]

Maroc : réforme de l'audiovisuel, saison 1

Décidé à soumettre les télés publiques à un nouveau cahier des charges, le ministre de la Communication marocain Mustapha El Khalfi a déclenché sans le vouloir une[...]

France-Afrique : Hollande et nous

Le nouveau président français François Hollande connaît très mal le continent. Va-t-il y mener une autre politique que son prédécesseur ? Pas fondamentalement. Un changement de style[...]

La Berd se dote d'un fonds spécial pour encourager les démocraties arabes

La Banque européenne pour la reconstruction et le développement (Berd), créée en 1991 pour aider les ex-pays communistes à réformer leur économie, s'est dotée samedi d'un[...]

Festival de Cannes : "Les Chevaux de Dieu", plongée dans le quotidien de jeunes kamikazes

Avec "Les Chevaux de Dieu", présenté au Festival de Cannes dans la catégorie "Un certain regard", Nabil Ayouch se penche sur l’enrôlement par les mouvements islamistes radicaux[...]

Sahara occidental : l'émissaire de l'ONU ne se rendra pas dans la région pour l'instant

L'émissaire de l'ONU pour le Sahara occidental, Christopher Ross, à qui Rabat a retiré sa confiance, ne se rendra pas dans la région pour l'instant, a indiqué vendredi le porte-parole des[...]

Maroc : Tanger Med repart à l'abordage

Après une année 2011 difficile, le port marocain de Tanger Med montre de nouveau les dents. Il entend rivaliser avec Algésiras, de l'autre côté du détroit de Gibraltar, pour devenir un haut[...]

Maroc : le rappeur Mouad Lhaqed, héros malgré lui

Condamné à un an de prison pour outrage à la police, le rappeur contestataire Mouad Lhaqed est en train de devenir une icône de la liberté d'expression. À son corps défendant.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers