Peu coutumière des scènes de violence, la paisible ville côtière de Mostaganem a été le théâtre, les 11 et 12 mai, d’affrontements entre forces de l’ordre et jeunes commerçants.
En cause : l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation pour circonscrire le commerce informel. Durant deux jours, Mostaganem a été secoué par des émeutes. Des casseurs ont mis à profit la situation de chaos pour s’attaquer à des établissements bancaires et aux sièges de la Sonelgaz, de La Poste et de la municipalité.
Connue pour être la ville des poètes (c’est là où naquit et vécut, au XVIIe siècle, le mystique Lakhdar Benkhlouf), Mostaganem, que l’on pourrait traduire du berbère mest ghanem par « la fille de la prospérité », a la particularité d’être le chef-lieu de la seule wilaya dirigée par une femme, Fatma-Zohra Zerhouni, dont les talents de négociatrice n’ont pas été de trop pour calmer les émeutiers, des trabendistes et commerçants clandestins pour la plupart. Leurs arguments ? « On nous interdit d’activité sans nous proposer d’alternative. » La « préfète » a su combiner intransigeance et flexibilité. Si les commerces illicites ont bien été fermés, elle a attribué des locaux aux commerçants délogés. Mais pas aux vingt-six émeutiers écroués. Mostaganem a retrouvé sa quiétude. Du moins jusqu’à la prochaine jacquerie.
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