« Titanic ne rime pas avec Émirats », proclame fièrement la publication de l’ambassade des Émirats arabes unis en France. Comment d’ailleurs en douter quand on jauge les pharaoniques travaux entrepris depuis vingt ans pour transformer Dubaï en joyau urbain de la péninsule Arabique ? Mais, depuis trois mois, la crise mondiale a ouvert quelques voies d’eau dans ce symbole démesuré de l’économie arabe. L’immobilier, qui devait être la locomotive de l’après-pétrole (les hydrocarbures représentent moins de 10 % du PIB de Dubaï), n’a pas échappé aux vagues de la récession. Et les 800 000 travailleurs immigrés, qui représentent plus des deux tiers de la population, voient le rêve du plein-emploi s’évanouir. Pakistanais, Indiens et Philippins sont directement menacés de chômage, tandis que le gel de plusieurs chantiers, comme celui de la tour Burj Dubai, tour qui devait dépasser le seuil vertigineux des 1 000 mètres, vient d’être décidé.
Quand ce n’est pas le chômage technique, c’est le retour au pays d’origine. Car les autorités n’ont pas d’états d’âme. Les chômeurs étrangers ont un mois pour quitter le territoire. Aucun donnée précise n’est officiellement disponible sur l’ampleur de cet exode économique, mais la presse arabe avance le chiffre de 50 000 à 70 000 départs depuis le début de l’année. Des rapatriements que les chômeurs espèrent provisoires pour ne pas perdre le bénéfice de leur précieuse carte de séjour, valable seulement six mois après leur départ.

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