27/04/2009 à 15h:14 Par Fabienne Pompey
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Thabo Mbeki rêvait d’une « renaissance africaine », multipliait les médiations et avait lancé le Nepad, le nouveau partenariat censé changer les relations de coopération entre les États africains et le reste du monde. Bref, il se voyait en chevalier du panafricanisme.

Jacob Zuma, lui, n’affiche aucune ambition continentale, n’a rien dévoilé de sa politique étrangère en général, ni de sa politique africaine en particulier. Paradoxalement, il pourrait se révéler un président plus « africain » que son prédécesseur.

Même s’il a encore peu de relations avec ceux qui sont désormais ses pairs, Zuma n’aura aucun mal à nouer des contacts. Son caractère ouvert, son abord facile et son charme naturel devraient faciliter son entrée dans le cercle des chefs d’État africains. Autant Mbeki avait une certaine raideur oxfordienne, autant Zuma revendique son « africanité » sans aucun complexe.

Plus accessible donc, mais pas forcément plus impliqué. Zuma n’a pas l’intention de jouer, comme Mbeki, le « frequent flyer » qui parcourt la planète. Sa priorité en effet ira aux défis intérieurs.

La politique étrangère de l’Afrique du Sud, dit-il, restera peu ou prou la même : très orientée vers les relations Sud-Sud, la communauté internationale des partis de gauche au pouvoir, le soutien aux Palestiniens (et au Front Polisario) et la conviction qu’il faut ouvrir le Conseil de sécurité des Nations unies à l’Afrique.

On ne sait pas grand-chose des amitiés du président de l’ANC avec les leaders du continent. Un document des services secrets sorti par le camp Mbeki à l’époque où les deux hommes étaient en guerre ouverte affirmait que Jacob Zuma avait « conspiré » pour renverser Thabo Mbeki et sollicité le « Guide » libyen, Mouammar Kaddafi, et le président angolais, Eduardo Dos Santos, pour qu’ils financent son projet.

Pendant ses années d’exil, Zuma a vécu au Swaziland, en Zambie et au Mozambique, nouant des rapports étroits avec les responsables politiques de ces pays. Il s’est aussi chargé, quand il était vice-président, d’une médiation au Burundi, dont il connaît bien l’actuel président, Pierre Nkurunziza.

Concernant Robert Mugabe, sa position n’est pas aussi claire qu’il y paraît. Il a certes critiqué le « libérateur devenu ­oppresseur », mais a également assuré que la politique envers le Zimbabwe ne changerait pas. Il devra tout de même prendre en compte les positions de son principal allié, la fédération syndicale Cosatu, proche de Morgan Tsvangirai et très hostile au président zimbabwéen.

Il n’y a aucune chance, en revanche, en tant que zoulou, qu’il suive la Cosatu dans sa lutte pour la démocratie au Swaziland et critique la monarchie absolue de Mswati III. Comme en politique intérieure, Zuma devra naviguer intelligemment entre le pragmatisme attendu d’un chef d’État, les impératifs géostratégiques et les pressions de ses différents alliés.

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