Premier président bolivien d’origine indienne, l’ancien syndicaliste Evo Morales a vite compris les ficelles de la politique-spectacle. Engagé dans un bras de fer avec le Parlement à propos de l’actualisation et de la modernisation du registre électoral (qui, il est vrai, en avait bien besoin) dans la perspective du scrutin législatif du 6 décembre, le chef de l’État n’a pas hésité – c’est une première – à engager une grève de la faim en compagnie de quatorze dirigeants syndicaux. Dans le même temps, deux mille de ses sympathisants à travers le pays cessaient eux aussi de s’alimenter.
L’insoutenable suspense a pris fin le 14 avril. Après six jours de jeûne présidentiel, majorité et opposition parlementaires sont parvenues à un compromis. D’un coût de 26 millions d’euros, la réforme du registre électoral sera financée sur un budget initialement destiné à l’achat d’un avion pour la Présidence. Quant à Morales, qui n’a jamais cessé d’absorber des boissons énergisantes et de mâcher des feuilles de coca, il se porte comme un charme. On n’était pas vraiment inquiet.
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