Le vendredi 6 mars, au plus fort de la crise qui l’oppose au président Marc Ravalomanana, Andry Rajoelina, maire déchu d’Antananarivo, reçoit le corps diplomatique à son domicile. Interrompant la réunion, il demande à s’entretenir en privé avec Marie-Claire Gérardin, la chargée d’affaires de l’ambassade de France. Arguant du caractère confidentiel de ses propos, il suggère à la diplomate de discuter dans son véhicule de fonction. Une fois dans la Renault Velsatis, « Andry TGV » dévoile son jeu : « Je ne descendrai pas », déclare-t-il, avant de réclamer la protection de la France. La voiture, comme l’ambassade à laquelle elle est attachée, bénéficiant d’un statut diplomatique, Rajoelina profite de facto de l’hospitalité de l’État français, dont la représentante est ainsi mise devant le fait accompli. Celle-ci tentera bien de confier son hôte encombrant à une ambassade amie, mais aucune n’acceptera de l’accueillir. Et « TGV » finira par se réfugier à la résidence de France, domicile de l’ambassadeur.

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