Et si la crise pouvait profiter au textile tunisien, et à la lingerie fine en particulier ? On pourrait le croire, au vu des difficultés que subit le secteur en Europe de l’Est. Exemple : Van de Velde, leader belge dans la lingerie de luxe, a décidé le 6 janvier de fermer son usine en Hongrie, annonçant vouloir se redéployer en Tunisie où, implanté depuis 1995, le groupe assure 26 % de sa production. « On bénéficie de l’intégration dans l’UE de pays comme la Roumanie et la Bulgarie », reconnaît Najib Karafi, directeur du Cettex. « La zone euro n’est plus compétitive », confirme Samir Ben Abdallah, président de la chambre patronale des fabricants de lingerie fine, qui ajoute : « des usines ferment en Pologne. Ici, il n’y a ni fermeture ni chômage technique ». Pour l’heure, si ces fermetures ne s’accompagnent pas d’annonces de délocalisations fermes, les commandes affluent en Tunisie. « Mais les exigences des donneurs d’ordres se sont renforcées », précise Samir Ben Abdallah : délais plus courts, commandes inférieures à 15 pièces… Car la Chine, « encore plus touchée que nous, insiste Ben Abdallah, rivalise d’agressivité en matière de dumping ». Conclusion : « Si on ne s’adapte pas, on est mort ».
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Amel Mzabi Bougarras (42 ans) est la directrice de l'hebdomadaire tunisien Ecojournal.[...]
Olfa Khalil Arem (44 ans) est la cofondatrice de l'association Engagement citoyen.[...]