Elle ne diffère pas des autres grandes portes percées dans les remparts pour l’accès aux ruelles animées de la médina. Sauf que, une fois qu’on l’a franchie, on se retrouve dans des salons qui ressemblent, à bien des égards, à ceux des Paradores espagnols ou des Posadas portugais, ces châteaux et autres édifices historiques transformés en établissements hôteliers de luxe. Ici, nous sommes à La Kasbah de Kairouan. La ville compte une dizaine d’hôtels, dont 5 sont classés, avec un taux d’occupation annuel moyen très bas (25 % en moyenne), sauf à La Kasbah, où il est de 55 %.
C’est que, à Kairouan, le tourisme est essentiellement passager. Les agences de voyages l’incluent dans un circuit d’une journée (englobant plusieurs étapes dans le pays), qui consacre une demi-journée pour la visite de la Grande Mosquée, dans la matinée, suivie par un tour au pas de course de la médina et des souks. Par ailleurs, le tourisme religieux est devenu quasi-inexistant : quelques centaines de visiteurs originaires du Moyen-Orient et d’Afrique, moins nombreux que les Japonais, qui, curieusement, se comptent par milliers (5 400 en 2008).
Sur plus de 7 millions de touristes par an en Tunisie, Kairouan en reçoit moins de 1 %. Elle est donc largement méconnue en tant que destination. L’administration du tourisme, nous dit son représentant, Yliès Msallem, se penche sur les moyens d’en développer le marketing. Bien entendu, les commerçants de la ville sont pour : « Le fait que la ville soit déclarée Capitale de la culture islamique pour 2009 va permettre de faire mieux connaître son patrimoine mondial et d’y développer le tourisme, s’enthousiasme l’un d’entre eux. C’est une réhabilitation pour Kairouan… et l’on aimerait même que cela dure plus d’une année. »

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