30/03/2009 à 11h:41 Par Propos recueillis par Cheikh Yérim Seck
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Exilé à Paris depuis 2002, le secrétaire national de l’Avant-Garde pour la rénovation de Madagascar (Arema, fondée par Didier Ratsiraka) veut participer à la transition.

Jeune Afrique : Comment réagissez-vous à la démission de Marc Ravalomanana ?

Pierrot Rajaonarivelo : C’est la fin logique d’un homme qui avait érigé en mode de gouvernement l’exclusion, les arrestations arbitraires, la confusion entre les intérêts de l’État et ceux de sa propre entreprise. C’est un ras-le-bol généralisé, exacerbé par l’accroissement de la pauvreté et les violations répétées des droits de l’homme, qui s’est exprimé. Sur cette vague de mécontentement, Andry Rajoelina a joué, en tant que maire de la capitale, un rôle de détonateur pour mobiliser la population. Ironie de l’histoire, c’est la rue, qui avait porté Ravalomanana au pouvoir, qui l’en a chassé. Il a payé pour avoir créé un dangereux précédent.

 

Approuvez-vous la prise de pouvoir d’Andry Rajoelina, condamnée par la communauté internationale ?

J’approuve le départ de Ravalomanana, qui correspond au vœu du peuple malgache. Je comprends également l’inquiétude, sinon les réactions, de la communauté internationale quant à la nécessité de respecter l’ordre constitutionnel. Toutefois, la Haute Cour constitutionnelle a constaté la vacance du pouvoir et a confié à Andry Rajoelina la charge d’assurer l’intérim. Je ne peux que le féliciter et lui souhaiter de mener à bien cette transition.

 

Quels sont vos rapports avec lui ?

Ils sont bons, je crois. D’ailleurs, il avait souhaité me rencontrer, à l’occasion de son passage à Paris, en décembre 2008, et je l’avais reçu comme je recevais toutes les personnalités malgaches qui combattaient la dictature de Ravalomanana. Je lui avais alors apporté tout mon soutien, et ce d’autant plus qu’il était en situation d’agir. Je suis toujours resté en contact avec lui, comme avec tous ceux qui ont contribué au mouvement de contestation à Madagascar, qu’ils soient de la capitale ou des autres régions.

 

Est-ce à dire que vous êtes en phase avec le nouvel homme fort de Tana ?

En tout cas, je lui réitère mes félicitations pour avoir poussé Ravalomanana vers la sortie. Cependant, le défi est énorme. Il faudra rester très vigilant, dans cette période de transition, s’atteler à la réconciliation nationale, garantir au peuple un climat de paix sociale et assainir l’environnement économique. Il est indispensable de préparer des élections pour que les Malgaches puissent se consacrer rapidement au redressement du pays. Pour cela, l’adhésion et la participation de tous, sans exception, sont nécessaires, aussi bien celles des exilés que celles des membres du parti de Ravalomanana. Il faut mener une transition sans exclusive.

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Madagascar

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