Tripoli propose ses bons officesPrésident en exercice de l’Union africaine (UA) depuis le 3 février, Mouammar Kaddafi, alias « le roi des rois traditionnels d’Afrique », a choisi la Mauritanie pour entamer la série de missions de bons offices qu’il s’est promis de mener sur le continent en tant que « grand faiseur de paix ». Dans la soirée du 11 février, une délégation libyenne de onze membres, conduite par Ravi el-Madani, secrétaire exécutif du Forum des organisations arabes et africaines, a débarqué à l’aéroport de Nouakchott. Objectif : tenter une médiation entre la junte emmenée par le général Mohamed Ould Abdelaziz et celui qu’elle a renversé le 6 août dernier, Sidi Ould Cheikh Abdallahi. À peine arrivée sur place (le secret de la visite a été bien gardé), l’équipe mandatée par le « Guide » a été reçue par « Aziz ». Le lendemain à l’aube, elle prenait le chemin, en 4x4, de Lemden, à 250 km au sud-est de la capitale, le village où vit « Sidi » depuis novembre dernier.
Pendant près de trois heures, les émissaires de Kaddafi ont expliqué au président déchu que Tripoli se sentait très concerné par la situation en Mauritanie et qu’ils avaient fait le déplacement afin d’écouter les deux camps. Sidi, lui, a présenté sa proposition de sortie de crise, qui passe par un retrait politique des militaires, son retour au pouvoir et l’organisation d’élections législatives et présidentielle anticipées. S’il s’est dit prêt à collaborer avec toutes les bonnes volontés, l’hôte des Libyens devait certainement avoir encore à l’esprit les « bienveillantes » réflexions de Kaddafi qui, pendant la présidentielle de 2007, avait raillé les Mauritaniens, ce peuple « de Bédouins et de tribus » ne connaissant rien « aux partis et aux élections ».

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