10/02/2009 à 11h:54 Par Hamid Barrada
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Au lendemain de l’offensive israélienne à Gaza, des plaintes ont été déposées par des ONG contre les dirigeants de Tel-Aviv accusés de crimes de guerre. On attendait donc que ces actions connaissent des suites. Mais c’est une affaire qui remonte à sept ans qui fait surface. Le 29 janvier, le juge espagnol Fernando Andreu décide d’ouvrir une enquête visant Benyamin Ben-Eliezer, alors ministre de la Défense, et six chefs de l’armée israélienne. Les faits incriminés ont eu lieu le 22 juillet 2002 à Gaza lors de l’assassinat de Salah Chehadeh. Tsahal avait largué une bombe d’une tonne sur la maison abritant le responsable du Hamas, tuant 14 civils, « en majorité des enfants et des bébés », et en blessant plus de 150 autres. Interrogé sur ses éventuels troubles de conscience, le général Dan Haloutz, patron de l’armée de l’air, avait répondu qu’il ne ressentait rien, sinon une « légère secousse » dans la carlingue. C’est le Centre palestinien pour les droits de l’homme qui a saisi la justice espagnole, qui agit au nom du principe de « compétence universelle » reconnu par plusieurs pays européens en matière de crime contre l’humanité, génocide et terrorisme.

Les responsables israéliens font comme chez le dentiste : ils crient avant d’avoir mal. Ils s’indignent très fort après l’initiative du juge pour mieux contrer les procès qui les menacent depuis la guerre de Gaza. Tzipi Livni, la ministre des Affaires étrangères, presse le gouvernement de modifier la loi qui permet de telles poursuites. À supposer que l’Espagne y consente, ce qui paraît improbable, la modification des dispositions légales prendrait des mois et n’aurait pas d’effet rétroactif. On comprend que son homologue espagnol Miguel Ángel Moratinos ait choisi de garder sa sérénité en sollicitant le concours de La Palice : « La réaction israélienne est la réaction israélienne et la réaction du gouvernement espagnol est de respecter la justice. »

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