Reprise par un investisseur international et dotée d’un nouveau management, la Générale Assurance Méditerranéenne veut innover dans le commercial.
Innovation et qualité de service, nouveaux maîtres mots de la Générale Assurance Méditerranéenne (GAM), une société d’assurance privée fondée en 2001, voilà qui, à première vue, n’a rien d’original. Mais, dans un pays où le secteur des assurances reste très en retard et dominé à 80 % par le public, ils pourraient rapidement traduire une révolution. Concrètement, la GAM veut désormais indemniser ses clients, particuliers et entrepreneurs, en une dizaine de jours pour les risques simples. « Aujourd’hui, si vous avez un accident de voiture dont vous n’êtes pas responsable, vous devez attendre que votre compagnie d’assurances soit indemnisée par celle du responsable pour être à votre tour indemnisé. Cela peut prendre jusqu’à trois ans, explique Arnaud Sassi, qui dirige la GAM depuis mai 2008. Avec notre contrat “avance sur recours”, le client n’aura plus besoin d’attendre. »
HAUSSE DE 40% DES PRIMES
Un changement d’importance sur un marché qui intéresse de plus en plus les groupes internationaux mais qui, malgré l’ouverture aux capitaux privés, est encore sous-dimensionné. Le taux de pénétration de l’assurance en Algérie (le chiffre d’affaires par rapport au PIB) n’est plus que de 0,6 %, contre 1,1 % en 1990, à comparer avec 3 % au Maroc et 2,1 % en Tunisie, selon le français Axa.
Le secteur affiche cependant une grande vitalité. D’après les statistiques du Conseil national des assurances (CNA), les dix-sept compagnies qui le composent ont atteint un chiffre d’affaires cumulé de 38 milliards de dinars (390,8 millions d’euros) au premier semestre de 2008, en progression de 40,1 % ! Si les données pour l’ensemble de l’année 2008 ne sont pas encore disponibles, le CNA est optimiste quant au maintien de la croissance.
Pour l’essentiel, le développement du secteur a été porté par l’assurance dommages, qui a vu son chiffre d’affaires semestriel s’envoler de 78,9 %, rattrapant l’automobile. Ensemble, ces deux branches représentent 85,2 % du total des primes. Pariant sur cette forte marge de progression, la GAM entend détenir d’ici à quelques années entre 7 % et 10 % du marché national, contre 2 % aujourd’hui. Depuis août 2007, la jeune entreprise a changé de mains, cédée par son fondateur, un investisseur algérien, au fonds américain ECP, décidément très intéressé par l’assurance en Afrique. « La GAM avait été fondée dans l’objectif de redynamiser le secteur, explique Arnaud Sassi. Mais, si le développement commercial était au rendez-vous avec le premier réseau privé d’agences du pays, le fondateur n’est pas parvenu à maîtriser d’autres facteurs fondamentaux, notamment l’efficacité de l’indemnisation. »
RETOUR A L'EQUILIBRE EN 2008
Fin 2006, malgré ses 300 000 clients, pour l’essentiel des particuliers, la GAM est financièrement exsangue. Après le changement de propriétaire, le repreneur recapitalise la société et s’attelle à nettoyer les comptes : reconstitution de réserves, meilleure prise en compte de la fiscalité, règlement des contentieux. En 2007, une perte de 27 millions d’euros est enregistrée afin d’apurer les erreurs du passé. L’équilibre financier a été retrouvé sur l’exercice 2008, qui présente un chiffre d’affaires de 18 millions d’euros, en hausse de 22 %, soit moins que la moyenne du marché. L’année a également été mise à profit pour relier en temps réel les 180 agences avec le siège, condition indispensable pour pouvoir indemniser les assurés en dix jours. 2009 devrait être l’année des premiers bénéfices, avec la mise en œuvre effective de la nouvelle stratégie commerciale. Aux commandes des opérations, Arnaud Sassi est arrivé en mai 2008 en provenance d’April Group en France, où il dirigeait la filiale d’assurances dommages, Axeria IARD, après vingt années dans l’assurance, dont douze à l’international chez Groupama-Gan.

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