Extension Factory Builder
21/01/2009 à 12:46
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
La croissance 
survitaminée de Cogepha La croissance 
survitaminée de Cogepha

Maillon clé de la filière pharmaceutique, la distribution de médicaments dans le pays est dominée par la Cogepha, dirigée depuis plus de vingt ans par une femme à poigne.

Vingt-deux ans après s’être lancée dans l’aventure, Saïda Balti est fière de son parcours. Pharmacienne de formation, cette mère de cinq enfants est à la tête d’une entreprise pesant plus de 91 millions de dinars (DT, 50 millions d’euros) de chiffre d’affaires avec un taux de croissance annuel à deux chiffres depuis trois ans (entre 23 % et 30 %). La Cogepha – c’est son nom – est l’un des maillons essentiels de la filière pharmaceutique tunisienne. Son métier : grossiste répartiteur. L’entreprise sert ainsi d’intermédiaire entre les fabricants de médicaments d’une part, où elle s’approvisionne, et les pharmacies et cliniques privées d’autre part, qu’elle ravitaille (respectivement 80 % et 20 % de sa clientèle).

C’est en 1986 qu’est née la Cogepha, d’une double volonté : celle de Saïda Balti – elle a alors 30 ans – et de son époux, disparu voila quinze ans. La Cogepha revendique 20 % de parts de marché et vise 100 millions de DT (55,8 millions d’euros) de chiffre d’affaires en 2009, dans un environnement très concurrentiel. Le secteur de la distribution pharmaceutique est morcelé : le nombre d’opérateurs privés (une quarantaine) fait illusion, 80 % du chiffre d’affaires général étant assuré par 20 % d’entre eux. « Beaucoup de grossistes ont échoué faute d’une vision à long terme, souligne Saïda Balti. Ils n’ont pas su s’entourer de vrais professionnels ni faire d’investissements conséquents. » En fait, la plupart des grossistes se révèlent de petites sociétés à l’ancrage local, voire de simples extensions de structures officinales. Et plusieurs fabricants de médicaments se sont dotés de filiales de distribution pour pallier une activité encore brouillonne sur le terrain.

Outre l’incontournable Pharmacie centrale de Tunisie (PCT, dont dépend exclusivement le secteur public), son plus gros fournisseur, la Cogepha travaille avec les firmes pharmaceutiques les plus réputées, tunisiennes (Adwya, Siphat…) et étrangères (Sanofi-Aventis, Pfizer…). C’est dire si Saïda Balti, qui dirige 278 employés, fait figure d’exception. Son credo ? Professionnalisme, management, formation et négocier pied à pied. La Cogepha tire ses revenus de la marge homologuée dévolue aux grossistes : 8 % sur le prix d’achat au fabricant, un pourcentage plutôt modeste (la marge des pharmacies est de 31 % à 42 %). « Nous livrons quatre fois par jour, précise la PDG. Jusqu’à sept fois la même pharmacie. » Au total, « plus de 3 200 colis sont distribués quotidiennement ». De jour comme de nuit, grâce à sa flotte de 58 véhicules. Cinq sites de stockage à travers le pays totalisant plus de 12 000 m² permettent d’approvisionner un millier d’officines.

Mais sa réussite a entraîné des tentatives de déstabilisation par une partie de la profession. Un proche glisse : « On a voulu lui mettre des bâtons dans les roues. En lui créant des problèmes de trésorerie par exemple : soit en exigeant d’elle un paiement anticipé, soit en tardant à lui régler des factures. » Mais la dame n’a pas lâché prise, gardant le cap du développement de son entreprise. Dernier investissement en date : 2 millions de DT (plus de 1 million d’euros) pour l’automatisation de sa chaîne de distribution via la technique de reconnaissance par RFID, qui devrait être prête d’ici à juillet 2009. Puis, en 2010, pourquoi pas, s’introduire en Bourse…

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Revue de la presse ivoirienne

Article pr�c�dent :
La SFI au capital de l’Onatel


Tunisie

Les jihadistes tunisiens de Libye sur le pied de guerre

Les jihadistes tunisiens de Libye sur le pied de guerre

Sous les ordres d'Abou Iyadh, plusieurs milliers de Tunisiens s'entraînent en Libye. Avec pour but de mener prochainement des actions dans leur pays natal.[...]

Tunisie : le gouvernement Essid confronté à la fronde des enseignants

Pas de chance pour le gouvernement Essid. Entre inondations dans le Nord-Ouest et revendications sociales dans le Sud, il débute son mandat dans un climat social perturbé. Mais les plus grosses turbulences[...]

Tunisie : génération électro, reportage au coeur d'une révolution musicale

En Tunisie, quelques milliers de jeunes se sont rassemblés le week-end des 21 et 22 février pour le festival des Dunes électroniques, à Nefta, dans le désert, à une heure de route de[...]

Kabila, Ouattara, Bouteflika, Biya... Quels sont les diplômes de vos présidents ?

Votre président a-t-il le baccalauréat ? Un master ? À-t-il étudié l’économie ou le droit ? En France ou en Chine ? Toutes les réponses avec notre jeu interactif.  [...]

Sexe, mensonge, pouvoir : la trilogie infernale

Du Français Dominique Strauss-Kahn au Malaisien Anwar Ibrahim, on ne compte plus les responsables politiques dont les moeurs débridées, ou supposées telles, ont brisé la carrière.[...]

Tunisie : Moez Sinaoui, le porte-parole

Moez Sinaoui est directeur de communication et porte-parole de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du palais de[...]

Tunisie : Rafaa Ben Achour, le légiste

Rafaa Ben Achour est conseiller de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du palais de Carthage.[...]

Tunisie : Mohsen Marzouk, le stratège

Mohsen Marzouk est ministre conseiller en charge des affaires politiques de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du[...]

Tunisie : Ridha Belhaj, le dircab

Ridha Belhaj est ministre directeur du cabinet de Béji Caïd Essebsi. C'est l'un des hommes forts du président. Portraits de ceux qui entourent et conseillent le nouveau locataire du palais de Carthage.[...]

Tunisie : les hommes du président Béji Caïd Essebsi

Conseillers, collaborateurs ou proches, ils bénéficient d'un accès direct au palais de Carthage. Et joueront un rôle clé dans le dispositif du nouveau chef de l'État.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers

Jeune Afrique Emploi

Toutes les annonces