Extension Factory Builder
19/01/2009 à 16:26
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
Istiqlal : Abbas, en attendant le dauphin Istiqlal : Abbas, en attendant le dauphin

Le parti de la Balance reconduit à sa tête le chef du gouvernement. Mais la bataille pour sa succession ne devrait pas tarder à s’ouvrir.

Ovationné par les 4 500 congressistes, porté en triomphe à l’issue de sa réélection, félicité par le roi… Abbas El Fassi aura pu, le temps du 15e congrès de l’Istiqlal, du 9 au 11 janvier, au stade Moulay-Abdallah de Rabat, oublier les attaques de la presse et se régénérer auprès de sa famille politique. Pourtant, ces derniers mois, le secrétaire général du parti de la Balance n’avait pas réussi à contenir la fronde : scission provoquée par Ahmed Fitri, un vieil apparatchik, qui a créé le Parti de l’unité et de la démocratie (PUD) ; menace de démission de Larbi Messari, ancien ministre de la Communication ; critiques de M’Hamed El Khalifa, candidat à la succession ; foire d’empoigne entre prétendants à la direction des organisations syndicales. Mais l’ordre est vite revenu dans la maison du père fondateur, Allal El Fassi, leader de l’indépendance, décédé en 1974.

Après une adaptation des statuts, le chef du gouvernement a été reconduit à l’unanimité au poste de secrétaire général pour les quatre prochaines années. « Tout finit bien. Khalifa, qui est un ami de cinquante ans, s’est retiré avec élégance. Je comprends sa déception de ne pas figurer au gouvernement, mais je suis le Premier ministre d’une large coalition », explique El Fassi, qui a profité de la grand-messe istiqlalienne pour défendre son bilan (hausse des salaires et des allocations, promotion de l’emploi, poursuite des réformes et des grands chantiers, modernisation de l’agriculture…). Les militants, eux, n’ont pas manqué d’insister sur la faiblesse du pouvoir d’achat, la flambée des prix, notamment celui du carburant, l’insécurité dans les villes et l’iniquité de la justice.

Mais le véritable enjeu du congrès était l’élection des membres du comité exécutif, première instance dirigeante, dont le nombre de membres est passé de 22 à 24 pour faire place à du sang neuf. « Nous avons fait sauter un verrou psychologique en ramenant à un seul mandat au conseil national, contre deux auparavant, le critère pris en compte pour se présenter, explique Ahmed Khalil Boucetta, député de Marrakech. Résultat : le comité a été renouvelé à 50 %. Aujourd’hui, la nouvelle génération bouscule l’ordre établi. » Un sang neuf incarné par les jeunes ministres. « Nous sommes rodés à la vie du parti… », glissait Yasmina Baddou, titulaire du portefeuille de la Santé à son collègue des Transports, Karim Ghellab, alors que le dépouillement des premiers bulletins dans la nuit de dimanche laissait augurer leur entrée au comité exécutif. Ils y ont rejoint Nizar Baraka, ministre délégué aux Affaires économiques et générales, et Ahmed Taoufiq Hejira (Habitat et Urbanisme). Les deux grands perdants, non reconduits, sont Abdelhak Tazi, plusieurs fois ministre, et Mohamed Benjelloun Andaloussi, à qui les militants ont fait payer ses attaques contre la direction du parti après son éviction de l’Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM).

 

Nouvelles tensions en vue

Les prochaines semaines devraient raviver les tensions, avec le renouvellement des autres instances du parti, l’élection des dirigeants des chambres professionnelles, des représentants à la chambre des conseillers, la constitution des listes électorales en vue des communales de juin. Après cette dernière échéance, on s’attend à voir débuter la bataille pour la succession. « Le secrétaire général devra préparer un dauphin », indique un membre du comité exécutif. Les noms de Nizar Baraka, gendre d’Abbas El Fassi, d’Abdelouahed El Fassi, fils d’Allal, ou d’Ahmed Taoufiq Hejira sont régulièrement cités. Mais d’autres, comme Hamid Chabat, maire de Fès, pressenti pour diriger l’UGTM, ne manquent pas d’ambitions. Le Palais, après avoir souhaité l’élection d’Abbas El Fassi en 1997 pour écarter Ahmed Douiri, pourrait encore jouer de son influence. Profil idéal du futur secrétaire général : un quadra fidèle à la tête bien faite, représentatif du Maroc moderne.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Cheikha Mozah, la princesse des sables

Article précédent :
Vu de La Haye

Maroc

Blaise Compaoré a quitté la Côte d'Ivoire pour le Maroc

Blaise Compaoré a quitté la Côte d'Ivoire pour le Maroc

L'ancien président burkinabè, Blaise Compaoré, qui a démissionné le 31 octobre avant de s'exiler en Côte d'Ivoire, a quitté Yamoussoukro pour le Maroc.[...]

GES 2014 : Marrakech se fait capitale mondiale de l'entrepreneuriat

 Chefs d'Etats, grands patrons, ministres, jeunes entrepreneurs... Ils sont tous venus à Marrakech pour participer à la cinquième édition du Sommet Global de entrepreneuriat, la première du[...]

Le marocain Saham s'implante au Nigeria

Saham a acquis 40% de la société nigériane d'assurance non-vie Unitrust Insurance. Pénétrant sur le troisième marché du continent et l'un des plus prometteurs.[...]

Un ressortissant français et sa fille retrouvés mort dans le centre du Maroc

Selon les premiers éléments de l'enquête, ce double homicide remonte à une semaine et aurait été motivé par le vol. Trois suspects ont été arrêtés,[...]

Exclusif : le fonds souverain de la Norvège se tourne vers Casablanca

 Le fonds souverain norvégien, le plus grand du monde avec un total d'actif de 878 milliards de dollars, vient de placer le Maroc sur ses radars.[...]

CAN 2015 : comment le Maroc s'est mis hors jeu

La Coupe d'Afrique des nations ne se jouera pas au Maroc, qui avait demandé un report en invoquant le "péril Ebola". Récit de ces folles semaines qui ont mis Rabat et la CAF au bord de la[...]

CAN 2015 : comment la Guinée équatoriale s'est imposée

Plusieurs pays du continent auraient pu accueillir la CAN 2015. Certains ont décliné, d'autres se sont proposés. Le Qatar a même montré le bout de son nez. Mais la Guinée[...]

Maroc : la BERD prête 100 millions d'euros à Banque centrale populaire

 La BERD a accordé une ligne de financement de 100 millions d'euros à Banque centrale populaire pour renforcer les prêts accordés des micro-entreprises et des PME marocaines.[...]

Vidéo - Maroc : le prince Moulay Rachid se marie, un événement haut en couleurs

Le Maroc célèbre sur trois jours le mariage du prince Moulay Rachid, frère du roi Mohammed VI et deuxième dans l'ordre de la succession monarchique. Un événement dans la vie de la[...]

Afrique francophone : et les meilleures business schools en 2014 sont...

Engagées dans une course à la reconnaissance, les écoles de commerce s'internationalisent et se diversifient. Jeune Afrique a passé au crible les établissements d'Afrique francophone,[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers