Extension Factory Builder
06/01/2009 à 14:49
Diminuer la taille du texte Augmenter la taille du texte Imprimer Envoyer Partager cet article
La Biat doit confirmer son statut de leader La Biat doit confirmer son statut de leader

Nouveau numéro un tunisien par le total de bilan, la filiale du groupe Mabrouk cherche de nouveaux relais de croissance pour consolider ses positions.

En cette fin de décembre, les équipes de la Biat, qui inaugurent la 120e agence de la banque, ont d’autres motifs de satisfaction. La première banque privée tunisienne dépasse par le total de bilan les deux leaders historiques et publics, la Société tunisienne de Banque (STB) et la Banque nationale agricole (BNA). « La Biat attire les déposants grâce à sa politique commerciale agressive en matière de crédits à la consommation, de prêts immobiliers, de cartes de crédit », explique Abderrahman Akkari, analyste chez Tunisie Valeurs.

Derrière ce dynamisme se cache une stratégie développée par un nouvel actionnaire, le groupe Mabrouk. Il est parvenu à tisser sa toile au sein d’un établissement à l’actionnariat très fragmenté, se portant acheteur de toutes les parts cédées depuis deux ans. Fort d’un pacte d’actionnaires le liant à l’homme d’affaires Aziz Miled (hôtellerie, transport, banque), le groupe Mabrouk contrôlerait aujourd’hui entre 35 % et 40 % du capital de la banque. Une position qui lui a permis de déployer son savoir-faire au sein de la Biat. Sur les conseils du cabinet McKinsey, sans doute poussé par le dynamisme d’un nouveau concurrent, Attijari Bank, filiale du marocain Attijariwafa Bank repreneur de la Banque du Sud, l’objectif a été mis sur la banque de détail. Le développement sur le segment des grandes entreprises a été pour l’instant écarté.

Dans cette prise de contrôle, le patron de la Biat, Chékib Nouira, a été débarqué et remplacé. Le poste de PDG a disparu à cette occasion. Tahar Sioud, ancien ambassadeur et ex-président de la Fédération tunisienne de football (FTF), préside le conseil d’administration. Slaheddine Ladjimi est directeur général. Commercial dans plusieurs banques privées dans les années 1980, il a participé à la création de Cofib Capital en 1994, l’une des deux plus importantes sociétés d’intermédiation en Bourse du pays. Discrets depuis leur prise de fonctions, les deux hommes s’emploient à réduire les coûts d’exploitation très élevés de la Biat, où les frais généraux représentaient, à la fin de 2007, 53 % du PNB (26 % pour la Banque de Tunisie, la plus rentable du pays). Les personnels sont redéployés vers les agences, dont le nombre doit progressivement atteindre 150.

L’ascension fulgurante de la Biat n’est toutefois pas aussi éclatante que cela. Première par le total des dépôts, elle n’arrive qu’à la quatrième place par le total des crédits. En termes de progression des dépôts ou des crédits, ses performances sont moins bonnes que celles du secteur (voir tableau ci-dessus). La Biat doit désormais trouver des relais de croissance dans un marché étroit qui compte vingt banques commerciales. Première issue, évoquée publiquement par le management : se développer à l’étranger, en Algérie et en Libye. Mais le premier pays semble ne plus délivrer d’agréments aux établissements étrangers, tandis que le développement d’une vraie banque de détail dans le second semble loin d’être faisable. Reste donc une seule autre possibilité : « Racheter un concurrent tunisien », suggère Abderrahman Akkari. Mais, de ce côté-là aussi, rien n’est certain : la consolidation du secteur bancaire dépend du feu vert de la Banque centrale. Et pour l’instant, nul n’évoque cette éventualité.

Abonnez-vous pour 11,25€ / mois
Tous droits de reproduction et de représentation ImprimerImprimer EnvoyerEnvoyer Partager cet articlePartager

Article suivant :
Un secteur peu touché par la crise

Article pr�c�dent :
Bio express : Abdellatif Maazouz

Tunisie

Tunisie : fin de la campagne pour le second tour de l'élection présidentielle

Tunisie : fin de la campagne pour le second tour de l'élection présidentielle

Les Tunisiens de l'étranger, notamment en France, ont commencé à voter dès vendredi, dernier jour de la campagne pour le second tour de la présidentielle, qui opposera dimanche Moncef Marzouki [...]

Tunisie : le "cas" Marzouki divise Ennahdha

À quelques jours de la présidentielle, au sein du parti islmaiste tunisien Ennahdha, on se demande comment gérer le "cas" Moncef Marzouki avec un minimum de dommages collatéraux ?[...]

Tunisie : des jihadistes revendiquent les assassinats de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi

Abou Mouqatel (de son vrai nom Abou Bakr al-Hakim), un jihadiste tunisien recherché par les autorités, a revendiqué mercredi l'assassinat de Chokri Belaïd et de Mohamed Brahmi, tués en 2013.[...]

Documentaire : trois garçons, une fille et la révolution

Mêlant fiction et réalité, la réalisatrice Raja Amari raconte les prémices et le déroulement de la révolution tunisienne à travers quelques documents d'archives,[...]

Marzouki : "Mohamed Bouazizi est devenu un symbole qui a franchi les frontières tunisiennes"

Le président tunisien Moncef Marzouki a tenu un meeting de campagne pour sa réélection à Sidi Bouzid, mercredi, jour anniversaire de l'immolation de Mohamed Bouazizi, un des symboles de la[...]

Tunisie - Aziz Krichen : "Marzouki est l'esclave de sa propre passion dévorante du pouvoir"

À quelques jours du second tour du scrutin présidentiel prévu le 21 décembre, Aziz Krichen, ancien ministre-conseiller en affaires politiques de Moncef Marzouki, analyse les récents changements[...]

Tunisie : Hamadi Jebali, à droite toute !

Déçu des orientations prises par Ennahdha, le dirigeant islamiste tunisien claque la porte du parti. Et prépare la suite... en essayant de doubler Marzouki sur sa droite.[...]

Tunisie : Nidaa Tounes dit avoir trouvé une majorité sans les islamistes

Le parti anti-islamiste Nidaa Tounès est en mesure de former une coalition majoritaire au Parlement pour gouverner sans avoir à nouer une alliance contre-nature avec les islamistes d'Ennahdha, a affirmé[...]

Mali : le Tunisien Mongi Hamdi nommé à la tête de la Minusma

Le ministre tunisien des Affaires étrangères, Mongi Hamdi, remplace le Néerlandais Bert Koenders à la tête de la Minusma, a annoncé vendredi un communiqué des Nations unies.  [...]

Tunisie : l'ancien Premier ministre Hamadi Jebali démissionne d'Ennahdha

C'est un petit tremblement de terre au sein d'Ennahdha. L'un de ses fondateurs, l'ancien Premier ministre Hamadi Jebali, a annoncé jeudi sa démission du parti islamiste.[...]

Dernière Minute

Toutes les dépèches
Voir tous les dossiers