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05/11/2008 à 16:45
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Sans surprise, les poids lourds du Cameroun appartiennent toujours aux secteurs de l’énergie, des télécommunications – notamment de la téléphonie mobile –, de l’agro-industrie, de la métallurgie, du BTP et des transports. Si la plupart de leurs chiffres d’affaires reflètent assez bien l’embellie économique de 2006, qui enregistre un taux de croissance de 3,9 %, soit presque deux points de plus qu’en 2005, quelques évolutions notables sont toutefois à souligner. En premier lieu, la Société nationale des hydrocarbures (SNH) reprend sa première place, que lui avait ravie la Société nationale de raffinage (Sonara) l’an dernier. Mieux, son chiffre d’affaires, qui s’établit à 1,3 milliard de dollars, progresse de manière spectaculaire (+ 54 %) et son résultat net se chiffre à 40 millions de dollars. La hausse des cours mondiaux du brut, conjuguée à celle de la production pétrolière camerounaise (94 386 barils/jour, contre 82 337 en 2005), n’est pas étrangère à ces bons résultats. Faisant suite à la volonté des autorités camerounaises de doper le secteur en attirant de nouvelles sociétés étrangères, la Société nationale des hydrocarbures a signé des contrats de partage de production avec Total, qui portent sur les blocs Dissoni et Bamana, et avec le français Perenco pour développer le gisement de gaz naturel de Sanaga Sud. Autre secteur en expansion : celui de la téléphonie mobile, représenté par Orange Cameroun et MTN Cameroun. La très bonne progression des chiffres d’affaires des deux opérateurs est en grande partie due à la forte augmentation du nombre d’abonnés : + 54,6 % en 2006. MTN Cameroun devance Orange, jusqu’alors leader, avec un chiffre d’affaires de 298 millions de dollars, soit une hausse de + 84 % entre 2005 et 2006. C’est en outre l’entreprise qui affiche le meilleur résultat net en 2006, avec 69 millions de dollars. Ce sont d’ailleurs les bonnes performances du secteur pétrolier et des télécommunications qui expliquent la forte hausse du taux de croissance du PIB. AES-Sonel, issue de la privatisation du secteur électrique en 2001, conserve ses positions. L’entreprise a obtenu des bailleurs de fonds un prêt de 260 millions d’euros, dont 70 millions de la Société financière internationale (SFI, dépendant de la Banque mondiale), destiné à financer un programme d’investissement évalué à 380 millions d’euros pour améliorer l’offre en électricité. Dans l’industrie, les performances varient selon les branches, comme en témoignent les chiffres d’affaires de certains poids lourds du secteur. Il est vrai que la production d’aluminium a progressé de 6,2 %, pour atteindre 92 000 tonnes, encouragée en cela par la bonne tenue des cours internationaux. Le chiffre d’affaires de Cimencam progresse également, de 128 millions à 159 millions de dollars. À l’exception du secteur des boissons, qui enregistre un recul de production de 9 % (les Brasseries du Cameroun voient d’ailleurs leur chiffre d’affaires stagner), on peut dire que les autres branches de l’agro-industrie se portent plutôt bien. La Sodécoton a notamment profité de la hausse de la production de coton. Son chiffre d’affaires passe de 148 millions de dollars en 2005 à 187 millions en 2006. En revanche, lancée en 1994, sa privatisation, elle, piétine. Même constat pour la Cameroon Deve­lopment Corporation, deuxième em­ployeur du pays. À l’exception de sa filière thé, vendue en 2003 au sud-africain Brobon Finex, les trois autres (huile de palme, banane et hévéa) attendent toujours de trouver preneur. Selon les autorités, la privatisation serait retardée par des problèmes de régime foncier, liés notamment aux droits coutumiers. Pour ce qui est de la privatisation de la Société nationale des eaux du Cameroun, elle a fait un pas en avant en octobre 2007. C’est un consortium formé de l’Office national de l’eau potable du Maroc (Onep), de Delta Holding et d’Ingema (travaux publics) qui sera chargé de l’exploitation des activités de production, de transport, de stockage, de distri­bution et de commercialisation de l’eau potable. Il reste maintenant à constituer Camwaters, la société de patrimoine liée à cette activité. 

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