26/11/2008 à 19h:59 Par Jeune Afrique
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Le Rwanda a quitté la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) le 6 juin 2007. Charles Murigande, le ministre des Affaires étrangères, a justifié cette décision par la volonté de son pays de rationaliser sa stratégie d’intégration régionale. Outre la CEEAC, le Rwanda était également membre du Marché commun de l’Afrique orientale et australe (Comesa), de la Communauté économique des pays des Grands Lacs (CEPGL) et de la Communauté est-africaine (EAC). Il a fallu choisir. D’autant que 70 % des échanges commerciaux du Rwanda se font avec les pays de l’Est africain. Il était donc logique de privilégier ce marché de 100 millions d’habitants.
Après la rupture des relations diplomatiques avec Paris, le 26 novembre 2006, certains ont vu dans ce retrait de la CEEAC la confirmation d’une volonté de s’éloigner du monde francophone. Mais le départ de Jacques Chirac, très méfiant vis-à-vis du régime de Kigali, et l’arrivée au Quai d’Orsay de Bernard Kouchner ont ouvert des perspectives nouvelles, même si la normalisation butte toujours sur certains obstacles, notamment sur le plan judiciaire. 
Ainsi, le père Wenceslas Munyeshyaka, ancien curé de la paroisse de la Sainte-Famille, à Kigali, et Laurent Bucyibaruta, ancien préfet de Gikongoro, dans le sud du pays, ont été relaxés le 1er août 2007 par la cour d’appel de Paris, alors que deux mandats d’arrêt avaient été lancés contre eux par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR). Arrêtés le 21 juillet, les deux hommes avaient été incarcérés à la prison de la Santé, à Paris, avant d’être présentés au juge. Pour justifier sa décision, la cour a invoqué un vice de procédure et la présomption d’innocence.
Sur le plan politique, en revanche, des signes de réchauffement sont apparus en octobre, lorsque le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, a reconnu que la France avait commis des « erreurs » au Rwanda. Et, le 8 décembre, en marge du sommet Europe-Afrique de Lisbonne, une rencontre entre les présidents Kagamé et Sarkozy a permis de jeter les bases « du processus de rétablissement des relations diplomatiques » entre Paris et Kigali.
Du côté de l’économie, le Rwanda demeure encore trop dépendant de l’agriculture et de l’aide internationale. Une mauvaise année climatique peut coûter au pays la moitié de sa croissance. Laquelle est donc particulièrement erratique : 1 % en 2003, 6 % en 2005, 4,5 % en 2007… L’agriculture, qui fait vivre 90 % de la population et assure plus de 40 % du PIB, procure aussi l’essentiel des recettes en devises (café et thé) et fait varier les exportations au gré de la météo. En 2003, ces dernières ont ainsi diminué de 6 %, pour augmenter de 55 % l’année suivante. Toutefois, l’état des finances s’est amélioré : après avoir bénéficié de l’initiative PPTE, le pays a vu s’effacer 80 % de sa dette extérieure, passée de 1,7 milliard de dollars à la fin 2004 à 357 millions à la fin 2006. Celle-ci ne représente plus que 15 % du PIB.
Enfin, Kigali doit surtout accélérer les réformes structurelles : finaliser les dernières privatisations, stabiliser le système financier et améliorer la compétitivité de ses entreprises, minée pour le moment par les coûts exorbitants du transport et de l’énergie. La construction, d’ici à 2010, d’une première centrale thermique de 40 MW alimentée par le gaz naturel extrait des profondeurs du lac Kivu devrait permettre de changer la donne.
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